‹ Théâtre complet. Vol. 1-8Chapitre 124 sur 237 · ACTE II, ri« TABLEAU, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, ri« TABLEAU, SCÈNE IV

C'était un mensonge. Et après?...

BRASSAC

Eh bien! il ne me plaît pas que vous soupiez

avec Clapotin.

pi;nvENCiiE.

Je suis venue justement pour avoir une explication avec toi.

RRASSAC.

Je vous écoute.

PERVENCHE

Une question d'abord. As-tu l'intention de m'épouser un jour ?

BRASSAC, stupéfait

Tu dis?...

PERVENCHE

Je répète. As-tu l'intention?...

BRASSAC

J'ai compris... Laisse-moi rire.

PERVENCHE

Tu ne m'épouseras jamais?

BRASSAC, riant.

Pas tout de suite. Nous avons le temps.

PERVENCHE

Dans ce cas je t'annonce que je te quitte et que je me mets avec Clapotin.

BRASSAC

Tu es folle, mon enfant, littéralement folle.

PERVENCHE

Je vous prie de ne pas me dire de grossièretés, n'est-ce pas? Vous m'avez toujours traitée comme un joujou, sans aucune considération. A la fin, j'en ai assez.

BRASSAC

Voilà la rengaine.

PERVENCHE

Vous me prenez pour une cocotte ordinaire, comme celles que vous avez fréquentées jusqu'ici. Vous avez tort, mon cher.

BRASSAC

Excusez-moi.

PERVENCHE

Sachez que j'ai reçu de l'instruction et même de l'éducation. Vous ne vous en êtes peut-être jamais aperçu?

BRASSAC

Pardon, pardon, plusieurs fois.

Si je ne suis pas une femme du monde, c'est la faute des circonstances, vous entendez ; car j'ai été en pension avec des jeunes filles très bien, qui se sont mariées depuis, comme madame Herbaut, par exemple, la femme de monsieur Herbaut, dont je vous ai fait faire la connaissance.

BRASSAC

Je vous en remercie. Mais est-ce que vous vous imaginez que Clapotin va vous épouser?

PERVENCHE

Il me l'a laissé entendre.

BRASSAC

Ma pauvre petite, je ne veux pas contrarier ta manie, mais tu te conduis comme une dinde.

PERVENCHE

Ça me regarde.

BRASSAC

Il se moque de toi, Clapotin. Ce n'est pas un garçon sérieux, c'est un sauteur.

ACTF. H, II» TAnLEAU, SC.KNI-: V 221

PERVENCHK.

Il dit la même chose de vous.

BRASSAC

Le drôle se permet?...

PERVENGIIK.

Il prétend que tu feras un pouf un jour ou l'autre.

BRASSAC, furieux.

Un pouf!

PERVENCHE

Oui, mon vieux, un pouf. Il te guuLte.

BRASSAC

Eh bien ! il aura de mes nouvelles...

(Sonnelle du léléphone. Pigoclie se rend ,'i l'appareil. PERVENCHE.

Au revoir, Bébé !...

BRASSAC

Au revoir... Un pouf!!

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