‹ Théâtre complet. Vol. 1-8Chapitre 208 sur 237 · ACTE m, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE II

et sans toi je faisais une gafl'e terrii)le 1 Tandis que j'ai gagné mon procès et que je suis réconcilié avec Vermoulin ; à preuve qu'il est à Trouville et qu'il viendra souper avec nous ce soir.

JOSKPHINE.

Qui est-ce donc, Vermoulin?

TOURNEUR

C'est le journaliste qui m'a tant injurié.

JOSÉPHINE

Ail ! bon...

Tu le mettras à ta droite.

JOSÉPHINE

On rira !

TOURNEUR

Ces messieurs et dames arriveront vers onze heures, après la représentation du Casino. On fera un petit poker jusque vers une heure et demie, et puis on soupera gentiment... Nous n'avons plus que quelques jours à rester au bord de la mer ; il faut en profiter.

JOSÉPHINE

Combien sera-t-on?

TOURNEUR

Ouinze ou vingt, ou peut-^'lre davantage. Je ne me rappelle plus qui j'ai invité.

JOSÉPHINE

Toto, Juliette, Léontine...

TOURNEUR

Germaine Bilbot...

SIGISMOND

Avec Versac, qui est libre ce soir, parce que sa femme est allée à Rouen.

LEBRANCARD.

Comment! Versac est... Tu fais bien de me le dire, car je connais très bien sa femme!

SIGISMOND

Maintenant, tu connais aussi sa maîtresse.

CHARLOTTE

Vous connaissez toute la famille.

SIGISMOND

Oh! d'ailleurs, il n'y a pas de danger. Germaine a beaucoup de tact.

CHARLOTTE

La maîtresse d'un homme marié est obligée de se tenir mieux que sa femme.

TOURNEUR

Comme c'est vrai, ce que vous dites lài... Je vous ai raconté ce qui s'est passé cet hiver entre elles deux?

CHARLOTTE

Non.

TOURNEUR

A une fête de charité, Germaine vendait des fleurs ; madame de Versac s'amuse à lui en acheter. Peu à peu, elles se mettent à causer, et madame de Versac, qui avait commencé par trouver cela très drôle, finit par dire à l'autre des impertinences.

JOSÉPHINE

Oh!

Mais Germaine, au lieu de se fâcher, les reçoit avec beaucoup de sang-froid et réplique en souriant : « x\u moins, moi, madame, je suis fidèle à votre mari. »

JOSÉPHINE

Très bien !

Et c'est vrai !

SIGISMOND

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