ACTE III, SCKNE V
pas besoin de tant d'histoires pour mettre des tables dans un jardin !
TOURNEUR
Cette petite est une maîtresse de maison déplorable !... (A un valet de pied qu'il a sonné à l'une des répliques précédentes.) Vous disposerez quatre tables pour le poker dans la véranda.
LE DOMESTIQUE
Bien, monsieur.
TOURNEUR
Vous avez vu les tziganes? Ils seront exacts?
LE DOMESTIQUE
Ils seront exacts, mais ce ne sont pas des tziganes. Ce sont des musiciens de l'Eden qui auront des costumes de tziganes.
TOURNEUR
C'est la même chose.
SIGISMOND
C'est même mieux.
fEntre Simone.)
TOURNEUR
Voici notre belle amie.
(Il s'avance vivement vers elle.)
JOSÉPHINE, à Charlotte.
Mais regardez-la donc!... A-t-elle assez l'air d'avoir celui de vous dire: « Moi, il y a un imbécile qui m'a laissé trois millions ! »
f^CÈNE V Les Mêmes, SIMONE.
SIMONE
Mesdames... (A Bréard.) Cher monsieur...
(Elle serre des mains.)
H84 i,A vEiNi;
SIGISMOND
Comment ! vous n'êtes pas à lu représentation du Casino, vous?
SIMONE
Elle est sans intérêt : un vrai spectacle de ville d'eaux... (a Tourneur.) Non, je suis ici de bonne heure, avant tout le monde, parce que je viens intriguer... J'ai quelque chose à vous demander.
TOURNEUR
A moi?
SIMONE
A vous.
JOSÉPHINE, d'un air excessivement ainuitilf.
Alors, c'est accordé d'avance,
TOURNEUR
Une atl'aire sérieuse?
Un de mes amis à vous recommander.
TOURNEUR
Eh bien ! vous ne savez pas ce que vous allez faire? Vous allez en parler à Bréard : les affaires sérieuses, ça regarde Bréard. Moi, j'ai juré de ne plus m'en occuper !
SIMONE, .se lourniinl en souriant i^ers Julien.
Dans ce cas, cher monsieur...
JULIEN
Je suis à vos ordres, madame.
TOURNEUR
On vous laisse, les enfants... Allons nous occuper de l'éclairage du jardin. (A Joséphine.) Viens, gamine !
CHARLOTTE, à Julien, bas.
Tu remarqueras que je m'en vais sans faire le plus petit geste de jalousie, tu le remarqueras, n'est-ce pas?
JLLIEN.
Je le remarque avec plaisir.
( Tous sortent, laissant Julien et Simone. j