‹ Théâtre complet. Vol. 1-8Chapitre 234 sur 237 · ACTE IV, SCKNK VIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCKNK VIII

deviennent tout de suite des jeunes femmes, héroïnes de romans sur l'adultère. Et alors, nous sommes dans linconnu, dans les ténèbres du mariage, avec des précipices de tous les côtés. Un homme qui touche à la quarantaine n'a plus le droit de s'exposer à ces émotions, qui sont le privilège des tout jeunes gens... Non, Charlotte, nous n'avons qu'une chose à faire, à moins d'être de pauvres niais qui se refusent au bonheur: c'est de recommencer à nous aimer, iii la prend lUma ses bras.) Comment veux-tu que je laisse échapper une maîtresse, une amie comme toi? Car enfin, je suis toutseul; je n'ai ni amis véritables, ni famille ; je n'ai que des camarades. Tu n'as pas lair de t'en douter... Sans compter qu'en ma qualité d'homme politique, je ne vais pas tarder à être traîné dans la boue... Je te parle comme un affreux égoïste, mais c'est la preuve que je suis sincère.

CHARLOTTE

Ah ! je suis folle de t'écouter !

.irLIKN.

Une plus longue séparation serait un désastre pour tous les deux. Nous l'avons échappée belle... Je t'adore, Charlotte ! je t'adore !... Tiens ! je me rappelle en ce moment la manière dont nous nous sommes connus, les visites que je venais te faire au magasin et notre voyage au Havre. Dans le désir ardent que tu m'inspirais, il y avait de la curiosité. Je devinais que tu n'étais pas la première venue et que la vie t'avait appris beaucoup de choses... Je t'assure, tu es une femme très,

très bien.

('.iiAHLOTTi:.

Jo suis, hélas, une femme qui l'aime, et que tu vas faire souffrir encore à la première occasion.

JULIEN

Non, je te le promets ! (Il lui prend lex deux mains.

Après un temps : j Si on se mariait?

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