‹ Théâtre complet. Vol. 1-8Chapitre 3 sur 237 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, VARINOIS, entrant, un journal à Ih main.

Bonne promenade, mes enfants ?

MADAME VARINOIS.

N'est-ce pas, Auguste, que tu as eu un duel?

VARINOIS.

Parfaitement. H y a de cela environ vingt-cinq ans. J'étais allé avec Eudoxie à une exposition de peinture...

BRIDEL

Tiens ! comme nous.

VARINOIS.

Nous nous trouvions devant une femme nue, — je la vois encore dici, — c était la première i'emine nue, à droite, en entrant. Eudoxie s'est disputée avec un monsieur qui lempôchait de voir Le monsieur La appelée « toquée » !

BRIDEL

Déjà !

MADAME VARINOIS.

C'est ce qui prouve que les hommes étaient aussi grossiers il y a vingt ans qu'aujourd'hui, mais ils étaient peut-être moins... (Uec/ardani Bridei.j timides.

LUCIENNE

Enfin, ne parlons plus de cette histoire-là.

MADAME VARINOIS.

Qui ne se renouvellera pas. Ton mari met trop de mauvaise grâce à nous accompagner pour que je le lui demande encore.

ACTH I, SCKNE II 11

BRIDEL

Permettez... Je voii.«; ai dit que mes occupations ne me laissent pas le temps d'aller me promener dans les magasins, ni dans les expositions.

MADAME VAKINOIS.

Vous n'êtes pas très artiste ?

BRIDEL

Je suis fabricant de prod its chimiques ; je vends les couleurs dont les artistes se servent.

MADAME VARINOIS, lui tendant la main.

Allons, mon gendre, sans rancune... Vous savez que vous dînez ce soir à la maison ?

BRIDEL

On n'oublie pas ces choses-là, belle-maman.

MADAME VARINOIS.

D'ailleurs, vous avez tout le temps de mettre votre frac. Le dîner est pour huit heures etdemie.

VARINOIS.

Huit heures et demie !

MADAME VARINOIS.

Vous savez qu'on dîne très tard, aujourd'hui.

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