ACTE II, SCÈNE IV
MADAME VARINOIS.
Apprenez que vous n'êtes de taille à mener ni une femme comme Lucienne, ni une femme comme moi.
BRIDEL, toujours Irùa atlme.
Vous vous calomniez, belle-maman. Je suis sûr que vous ne donnerez à votre fille que de bons conseils, et celui, entre autres, d'obéir à son mari comme vous avez toujours obéi au vôtre.
(Il montre Varinois.)
VARINOIS, ci iiart
Filons!
(Il sort.)
MADAME VARINOIS, prolestant.
Moi, j'ai obéi à mon mari ? Ah! ah !
BRIDEL
Parfaitement. J'ai pris des renseignements sur vous.
MADAME VARINOIS.
Ah! ah!...
BRIDEL
Vous êtes en ce moment-ci un peu détraquée...
MADAME VARINOIS.
Détraquée !
BRIDEL
Par des fréquentations grotesques et par la lecture des romans... Mais cela passera. Votre bon sens naturel reprendra le dessus, car vous êtes au fond une personne très raisonnable et très pratique...
MADAME VARINOIS.
Monsieur !
BRIDEL
... Une bourgeoise...
MADAME VARINOIS.
Monsieur!
... Fille et petite-fille de droguistes très honorables...
MADAME VAniXOIS, griit(:;inl des dénis.
Oh ! cela va se gâter !...
BRIDEL
... Bonne mère de famille... épouse fidèle... Enlin, vous êtes une honnête femme, et vous avez toujours été une honnête femme.
MADAME VARINOIS, avec des (jestes menaçants.
Ah ! ne me poussez pas à bout !
BRIDEL, niellant son chapeau.
Je m'en vais donc faire un tour, en attendant que vous vous calmiez. Quand je reviendrai, vous aurez réiléchi et vous vous jetterez dans mes bras... Au revoir, belle-maman, au revoir.
MADAME VARINOIS, sortant à gauche.
Nous verrons bien !
BRIDEL
Elle est suffoquée ! (il ouvre la porte de droite et rencontre Edmond que Louiselte introduit.) Mousieur. . .
(Il .sort.)
EDMOND, à part.
Un peu froid, il me semble.