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SCÈNE V

IRÈNE

Il me fuit! que deviens-je? ôciel! et quel moment! Mon époux va périr ou frapper mon amant ! Je me jette en tes bras, ô Dieu qui m'as fait naître! Toi qui fis mon destin, qui me donnas pour maître Un mortel respectable et qui reçut ma foi, Que je devais aimer, s'il se peut, malgré moi ! J'écoutai ma raison; mais mon âme infidèle, En voulant t'obôir, se souleva contre elle. Conduis mes pas, soutiens cette faible raison; Rends la vie à ce cœur qui meurt de son poison; Rends la paix à l'empire aussi bien qu'à moi-même. Conserve mon époux! commande que je l'aime. Le cœur dépend de toi : les malheureux humains

Sont les vils instruments de tes divines main-. Dans ce désordre atfreux veille sur Nicéphore : Et, quand pour mon époux mon désespoir t'implore, Si d'autres sentiments me sont encor permis, Dieu, qui sais pardonner, veille sur Alexis.

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