‹ Théâtre completChapitre 1082 sur 1720 · HORTENSE, DAMIS, NÉRINE · texte numérisé non relu

HORTENSE, DAMIS, NÉRINE

HORTENSE, revenant.

D'où vient que je demeure?

DAMIS

Je devrais être au bal et danser à cette heure.

HORTEXSE.

Il rêve. Hélas! d'Hortense il n'est point occupé.

DAMIS

Elle me lorgne encore, ou je suis fort trompé. Il faut que je m'approche.

HORTENSE

Il faut que je le fuie.

DAMIS

Fuir, et me regarder! ah! quelle perfidie! Arrêtez. A ce point pouvez-vous me trahir?

HORTENSE

Laissez-moi m'efforcer, cruel, à vous haïr.

Ah ! l'effort n'est pas grand, grâces à vos câpriers.

HORTENSE

Je le veux, je le dois, grâce à vos injustices.

DAMIS

Ainsi, du rendez-vous prompts à nous en aller, Nous n'étions donc venus que pour nous quereller?

HORTENSE

Que ce discours, ô ciel ! est plein de perfidie, Alors que l'on m'outrage et qu'on aime Julie!

DAMIS

Mais l'indigne billet que de vous j'ai* reçu?

HORTENSE

Mais mon portrait enfin que vous m'avez rendu?

DAMIS

Moi, je vous ai rendu votre portrait, cruelle?

HORTENSE

Moi! j'aurais pu jamais vous écrire, infidèle, Un billet, un seul mot, qui ne fût point d'amour?

DAMIS

Je consens de quitter le roi, toute la cour, La faveur où je suis, les postes que j'espère, N'être jamais de rien, cesser partout de plaire, S'il est vrai qu'aujourd'hui je vous ai renvoyé Ce portrait à mes mains par l'amour confié.

Je fais plus. Je consens de n'être point aimée De l'amant dont mon âme est malgré moi charmée, S'il a reçu de moi ce billet prétendu. Mais voilà le portrait, ingrat, qui m'est rendu; Ce prix trop méprisé d'une amitié trop tendre,

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