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SCÈNE XVIII

HORTENSE, un masque à la main et en domino; TRASIMOX, NÉRINE.

TRASIMON.

Oui, croyez, ma cousine, et faites votre compte Que ce jeune éventé nous couvrira de honte. Comment! montrer partout et lettres et portrait

En public! à moi-même! Après un pareil trait, Je prétends de ma main lui brûler la cervelle.

HORTENSE, à Nérine.

Est-il vrai que Julie à ses yeux soit si belle, Qu'il en soit amoureux?

TRASIMON.

Il importe fort peu :

Mais qu'il vous déshonore, il m'importe, morbleu! Et je sais l'intérêt qu'un parent doit y prendre. HORTENSE, à Nérine.

Crois-tu que pour Julie il ait eu le cœur tendre? Qu'en penses-tu? dis-moi.

NÉRINE

Mais l'on peut aujourd'hui Aisément, si l'on veut, savoir cela de lui.

HORTENSE

Son indiscrétion, Nérine, fut extrême :

Je devrais le haïr; peut-être que je l'aime. Tout à l'heure, en pleurant, il jurait devant toi Qu'il m'aimerait toujours, et sans parler de moi ; Qu'il voulait m'adorer, et qu'il saurait se taire.

TRASIMON.

Il vous a promis là bien plus qu'il ne peut faire.

HORTENSE

Pour la dernière fois je le veux éprouver. Nérine, il est au bal; il faut l'aller trouver. Déguise-toi; dis-lui qu'avec impatience Julie ici l'attend dans l'ombre et le silence. L'artifice est permis sous ce masque trompeur, Qui du moins de mon front cachera la rougeur : Je paraîtrai Julie aux yeux de l'infidèle ; Je saurai ce qu'il pense et de moi-même et d'elle : C'est de cet entretien que dépendra mon choix.

(A Tr a si m on.)

Ne vous écartez point, restez près de ce bois; Tâchez auprès de vous de retenir Clitandre : L'un et l'autre en ces lieux daignez un peu m'atten- Je vous appellerai quand il en sera temps, [dre;

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