‹ Théâtre completChapitre 1099 sur 1720 · LISE, MADAME CROUPILLAC, MARTHE · texte numérisé non relu

LISE, MADAME CROUPILLAC, MARTHE

MARTHE

Voilà la dame.

LISE

Oh! je vois trop qui c'est.

MARTHE

On dit qu'elle est assez grande épouseuse, Un peu plaideuse, et beaucoup radoteuse.

LISE

Des sièges donc. Madame, pardon si....

MADAME CROUPILLAC.

Ah ! madame !

LISE

Eh ! madame !

Il faut aussi....

LISE

S'asseoir, madame.

MADAME CROUPILLAC, assise.

En vérité, madame, Je suis confuse ; et dans le fond de l'àme Je voudrais bien....

LISE

Madame ?

MADAME CROUPILLAC.

Je voudrais Vous enlaidir, vous ôter vos attraits.

Je pleure, hélas! vous voyant si jolie.

LISE

Consolez-vous, madame.

MADAME CROUPILLAC.

Oh! non, ma mie, Je ne saurais; je vois que vous aurez Tous les maris que vous demanderez.

J'en avais un, du moins en espérance (Un seul, hélas! c'est bien peu, quand j'y pense!), Et j'avais eu grand'peine à le trouver; Vous me 1 otez, vous allez m'en priver. Il est un temps (ah! que ce temps vient vite \, Où l'on perd tout quand un amant nous quitte. Où l'on est seule ; et certe il n'est pas bien D'enlever tout à qui n'a presque rien.

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