III, SCÈNE IV
Un sceptre que je veux partager avec lui. Vous, songez que Tarquin vous a donné la vie; Songez que mon destin va dépendre de vous. Vous pourriez refuser le roi de Ligurie; Si Titus vous est cher, il sera votre époux. [sible? Ai-je bien lu?... Titus?... seigneur... est-il pos- Tarquin, dans ses malheurs jusqu'alors inflexible, Pourrait?... Mais d'où sait-il? et comment?... Ah!
[seigneur !
Ne veut-on qu'arracher les secrets de mon cœur? Épargnez les chagrins d'une triste princesse; Ne tendez point point de piège àma faible jeunesse.
ARONS
Non, madame; à Tarquin je ne sais qu'obéir, Écouter mon devoir, me taire, et vous servir. Il ne m'appartient point de chercher à comprendre Des secrets qu'en mon sein vous craignez de ré-
[pandre; Je ne veux point lever un œil présomptueux Vers le voile sacré que vous jetez sur eux. Mon devoir seulement m'ordonne de vous dire Que le ciel veut par vous relever cet empire, Que ce trône est un prix qu'il met à vos vertus.
TULLIE
Je servirais mon père, et serais à Titus ! Seigneur, il se pourrait
ARONS
N'en doutez point, princesse.
Pour le sang de ses rois ce héros s'intéresse. De ces républicains la triste austérité De son cœur généreux révolte la fierté; Les refus du sénat ont aigri son courage. Il penche vers son prince: achevez cet ouvrage. Je n'ai point dans son cœur prétendu pénétrer; Mais puisqu'il vous connaît, il vous doit adorer. Quel œil, sans s'éblouir, peut voir un diadème Présenté par vos mains, embelli par vous-même? Parlez-lui seulement, vous pourrez tout sur lui; De l'ennemi des rois triomphez aujourd'hui; Arrachez au sénat, rendez à votre père Ce grand appui de Rome et son dieu tutélaire; Et méritez l'honneur d'avoir entre vos mains Et la cause d'un père, et le sort des Romains.