‹ Théâtre completChapitre 1257 sur 1720 · LA MARQUISE, LE COMTE · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LE COMTE

LA MARQUISE, parlant fort vite et d'un ton de petite vieille babillarde. Eh bien ! monsieur le comte, Vous faites donc à la fin votre compte De me donner la baronne pour bru ; C'est sur cela que j'ai vite accouru.

Votre baronne est une acariâtre, Impertinente, altière, opiniâtre, Qui n'eut jamais pour moi le moindre égard; Qui l'an passé, chez la marquise Agard, En plein souper me traita de bavarde : D'y plus souper désormais Dieu me garde! Bavarde, moi '.je sais d'ailleurs très-bien Qu'elle n'a pas, entre nous, tant de bien : C'est un grand point; il faut qu'on s'en informe; Car on m'a dit que son château de l'Orme A son mari n'appartient qu'à moitié; Qu'un vieux procès, qui n'est pas oublié, Lui disputait la moitié de la terre:

J'ai su cela de feu votre grand-père : Il disait vrai, c'était un homme, lui : On n'en voit plus de sa trempe aujourd'hui. Paris est plein de ces petits bouts d'homme, Vains, fiers, fous, sots, dont le caquet m'assomme, Parlant de tout avec l'air empressé, Et se moquant toujours du temps passé.

J'entends parler de nouvelle cuisine, De nouveaux goûts; on crève, on se ruine ; Les femmes sont sans frein, et les maris Sont des benêts. Tout va de pis en pis.

LE COMTE, relisant le billet.

Qui l'aurait cru? ce trait me désespère. Eh bien, Germon?

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