BRUTUS, LES SÉNATEURS, PROCULUS, LICTEURS
l'esclave VÏNDEX.
BRUTUS
Oui, Rome n'était plus; oui, sous la tyrannie L'auguste liberté tombait anéantie; Vostombeaux se rouvraient; c'en était fait :Tarquin Rentrait dès cette nuit, la vengeance à la main. C'est cet ambassadeur, c'est lui dont l'artifice Sous les pas des Romains creusait ce précipice. Enfin, le croirez-vous? Rome avait des enfants Qui conspiraient contre elle et servaient les tyrans; Messala conduisait leur aveugle furie, A ce perfide Arons il vendait sa patrie : Mais le ciel a veillé sur Rome et sur vos jours.
(En montrant l'esclave.) Cet esclave a d'Arons écouté les discours; Il a prévu le crime, et son avis fidèle A réveillé ma crainte, a ranimé mon zèle. Messala, par mon ordre arrêté cette nuit, Devant vous à L'instant allait être conduit: J'attendais que du moins l'appareil des supplices De sa bouche infidèle arrachât ses compile» s; Mes licteurs l'entouraient, quand Messala soudain, Saisissant un poignard qu'il cachait dans son sein, Et qu'à vous, sénateurs, il destinait peut-être : ■ Mes secrets, a-t-il dit, que Ton cherche à connaître, C'esl dans ce cœur sanglant qu'il faul les découvrir; Et qui sait conspirer sait se taire et mourir. » On s'écrie; on s'avance: il se frappe, et le traître Meurt encore en Romain, quoique indigne de l'être.