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LA FEMME OUI A RAISON, ACTE III, SCÈNE Y

Et qu'on aille m'alleadre à son second étâg

Quel père !

LE MARQUIS

Quel beau-père !

ÉRISE.

Eh ! bon Dieu, quel langage!

MADAME DURU

Je puis avoir des torts: vous, quelques préjugés; Modérez-vous, de grâce; écoutez, et jugez. Alors que la misère à tous deux fut commune, Je me fis des vertus propres à ma fortune; D'élever vos enfants je pris sur moi les soins, Je me refusai tout pour leur laisser du moins Une éducation qui tint lieu d'héritage. [ge,

Quand vous eûtes acquis, dans votre heureux voya- Vn peu de bien commis à ma fidélité, J'en sus placer le fonds; il est en sûreté.

M. DURU

Oui.

madame duru.

Votre bien s'accrut; il servit, en partie, A nous donner à tous une plus douce vie. Je voulus dans la robe élever votre fils : 11 n'y parut pas propre, et je changeai d'avis. De mon premier état je soutins l'indigence; Avec le même esprit j'use de l'abondance. On doit compte au public de l'usage du bien, Et qui l'ensevelit est mauvais citoyen : îl fait tort à l'État, il s'en fait à soi-même, [me, Faut-il, surson comptoir, l'œil trouble etleteintblê- Manquer du nécessaire auprès d'un coffre-fort, Pour avoir de quoi vivre un jour après sa mort? Ah! vivez avec nous dans une honnête aisance. Le prix de nos travaux est dans la jouissance : Faites votre bonheur en remplissant nos vœux. Être riche n'est rien; le tout est d'être heureux.

M. DURU

Le beau sermon du luxe et de l'intempérance! Gripon, je souffrirais que, pendant mon absence, On dispose de tout, de mes biens, de mon fils, De ma fille !

madame duru.

Monsieur, je vous en écrivis; Cette union est sage et doit vous le paraître : Vos enfants sont heureux, leur père devrait l'être.

M. DURU

Non; je serais outré d'être heureux malgré moi: C'est être heureux en sot de souffrir que, chez soi. Femme, fils, gendre, fille, ainsi se réjouissent.

MADAME DURU

ERISE.

Ah ! disposez de moi.

MADAME DURU

Nous sommes à vos pieds.

DAMIS

Tout ici doit vous plaire ; Serez-vous inflexible?

MADAME DURU

Ah ! mon époux !

DAMIS, ÉRISE, ensemble.

Mon père !

Gripon, m'attend rirai-je?

M. GRIPON.

Écoutez, entre nous, Çà demande du temps.

MARTHE

Vite, attendrissez-vous:

Tous ces gens-là, monsieur, s'aiment à la folie; Croyez-moi. mettez-vous aussi de la partie. Personne n'attendait que vous vinssiez ici : La maison va fort bien; vous voilà : restez-y. Soyez gai comme nous, ou que Dieu vous renvoie. Nous vous promettons tous de vous tenir en joie. Rien n'est plus douloureux, comme plus inhumain, Que de gronder tout seul des plaisirs du prochain. m. duru. [père?

L'impertinente! Eh bien! qu'en penses-tu, com-

M. GRIPON.

J'ai le cœur un peu dur; mais, après tout, que faire? La chose est sans remède; et ma Phlipotte aura Cent avocats pour un, sitôt qu'elle voudra.

MADAME DURU

Eh bien! vous rendez-vous?

M. DURU

Çà, mes enfants, ma femme, Je n'ai pas, dans le fond, uDe si vilaine âme. Mes enfants sont pourvus; et puisque de son bien, Alors que l'on est mort, on ne peut garder rien, Il faut en dépenser un peu pendant sa vie : Mais ne mangez pas tout, madame, je vous prie.

MADAME DURU

Ne craignez rien, vivez, possédez, jouissez....

Dix fois cent mille francs par vous sont-ils placés?

MADAME DURU

En contrats, en effets de la meilleure sorte.

M. DURU

En voici donc autant qu'avec moi je rapporte. [Il veut lui donner son portefeuille, et le remet dans sa poche.)

MADAME DURU

Ah ! qu'à cette jinion tous vos vœux applaudissent. Rapportez-nous un cœur doux, tendre, généreux :

m. duru. Voilà les millions qui sont chers à nos vœux. Non, non, non, non ; il faut être maître chez soi. m. duru.

madame duru. Allons donc; je vois bien qu'il faut avec constance

Vous le serez toujours

Prendre enfin mon bonheur du moins en patience.

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