‹ Théâtre completChapitre 1332 sur 1720 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Lord MURRAY, POLLY.

LORD MURRAY

Que prétend cette furie? que la jalousie est affreuse ! 0 ciel ! fais que je sois toujours amoureux, et jamais jaloux! Que veut-elle? elle parle de faire enlever ma chère Lindane et cet étranger; que veut-elle dire? sait-elle quelque chose?

POLLY

Hélas! il faut vous l'avouer; ma maîtresse est arrêtée par l'ordre du gouvernement : je crois que je le suis aussi; et sans un homme, qui est la bonté même et qui a bien voulu être notre caution, nous serions en prison à l'heure que je vous parle : on m'avait fait jurer de n'en rien dire; mais le moyen de se taire avec vous?

LORD MURRAY

Qu'ai-je entendu? quelle aventure! et que de revers accumulés en foule ! Je vois que le nom de ta maîtresse est toujours suspect. Hélas ! ma famille a fait tous les malheurs de la sienne : le ciel, la fortune, mon amour, l'équité, la raison, allaient tout réparer ; la vertu m'inspirait, le crime s'oppose à tout ce que je tente : il ne triomphera pas. N'alarme point ta maîtresse; je cours chez le ministre; je vais tout presser, tout faire. Je m'arrache au bonheur de la voir pour celui de la servir. Je cours et je revole. Dis-lui bien que je m'éloigne parce que je l'adore.

(// sort.)

POLLY

Voilà d'étranges aventures! je vois que ce mondeci n'est qu'un combat perpétuel des méchants contre les bons, et qu'on en veut toujours aux pauvres filles.

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