SCENE I
Le théâtre représente une grande salle où des domestiques portent et ôtent des meubles. L'INTENDANT de la maison est à une table; UN COURRIER en bottes, à côté; madame AUBONNE, nourrice, coud; et BABET y?/? à un rouet. Une servante prend des mesures avec une aune', une autre balaye.
l'intendant, écrivant.
Quatorze mille écus!... ce compte perce l'âme.... Ma foi, je ne sais plus comment fera madame Pour recevoir le roi, qui vient dans ce château.
le courrier.
Faut-il attendre ?
Eh! oui.
BABET
Que ce jour sera beau !
Madame Aubonne! ici nous le verrons paraître, Ici, dans ce château, ce grand roi, ce bon maître!
madame aubonne, cousant.
Il est vrai.
BABET
Mais cela devrait vous dérider.
Je ne vous vis jamais que pleurer ou bouder. Quand toutlemonderit, court, saute,danse, chante. Notre bonne est toujours dans sa mine dolente.
MADAME AUBONNE
Quand on porte luncUe, on rit peu, mes enfants.
Ris tant que tu pourras, chaque chose a son temps.
LE COURRIER, à l'intendant.
Expédiez-moi donc.
l'intendant.
La fête sera chère....
Mais pour ceprince augusteonne saurait trop faire.
LE COURRIER
Faites donc vite.
MADAME AUBONNE
Hélas! j'espère d'aujourd'hui Que Chariot, mon enfant, pourra servir sous lui.
L'INTENDANT
Le bon prince!
LÉ COURRIER
Allons donc.
l'intendant.
La dernière campagne....
Il assiégeait, vous dis-je.... une ville en Champa-
LE COURRIER. [gllC...
Dépêchez.
l'intendant.
Il était, comme chacun le dit, Le premier à cheval et le dernier au lit.
le courrier.
Quel bavard!
l'intendant.
On avait, sous peine de la vie, Défendu qu'on portât à la ville investie Provision de bouche.
le courrier.
Aura-t-il bientôt fait?
l'intendant.
Trois jeunes paysans, par un chemin secret