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LE DEPOSITAIRE, ACTE V, SCÈNE I

11 séduit tour à tour les filles du Marais: 11 leur fait des serments d'épouser leurs attraits; Et pour les mieux tromper, il fait accroire aux mères Qu'il a cent mille francs placés dans mes affaires. Il n'en est pas un mot, et je ne lui dois rien. Monsieur son frère et luisonttousles deux sansbien, Et tous deux au logis cesseront de paraître Dès le premier moment que j'en serai le maître.

MADAME AGNANT.

Vous n'avez pas à lui le moindre argent comptant?

M. GARANT

Pas un denier.

MADAME AGNANT.

Mon Dieu, le méchant garnement!

M. AGNANT, en buvant vu coup.

C'est dommage.

MADAME AGNANT.

Ma fille, à mes bras enlevée, Après dîné chez vous ne s'était pas sauvée?

M. GARANT

11 n'en est pas un mot.

MADAME AGNANT.

Les deux frères, je voi, D'accord pourm'outrager, s'entendent contre moi.

M. AGNANT.

Les fripons que voilà!

Toujours de ces deux frères J'ai craint, je l'avouerai, les méchants caractères.

MADAME AGNANT.

Tous deux m'ont pris ma fille! ah! j'en aurai raison; Et je mettrai plutôt le feu dans la maison.

M. GARANT

La maison m'appartient- gardez-vous-en, ma bonne.

MADAME AGNANT. [sOllIie?

Quoi donc! pour épouser nous n'aurons plus per- Allons, courons bien vite après notre avocat; 11 vaudra mieux que rien.

M. AGNANT, avec le (jcsle d'un homme ivre.

Ma femme, il est bien plat.

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