‹ Théâtre completChapitre 1488 sur 1720 · LE CHEVALIER, FANCHON · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER, FANCHON

LE CHEVALIER

Me voilà au désespoir : ce loup marin-là vous épousera comme il le dit, au moins.

FANCHON

Je mourrais plutôt mille fois.

LE CHEVALIER

Il y aurait quelque chose de mieux à faire.

FANCHON

Et quoi, chevalier?

LE CHEVALIER

Si vous étiez assez raisonnable pour faire avec moi une folie, pour m'épouser, ce serait bien le vrai moyen de désorienter notre corsaire.

FANCHON

Et que diraient le président et la présidente?

Le président s'en prendrait aux astres, la présidente ne me donnerait plus de ses remèdes, les choses s'apaiseraient au bout de quelque temps, M. du Cap-Vert irait jeter l'ancre ailleurs, et nous serions tous contents.

FANCHON

J'en suis un peu tentée; mais, chevalier, pensezvous que mon père veuille absolument me sacrifier à ce vilain homme?

LE CHEVALIER

Je le crois fermement, dont j'enrage.

FANCHON

Ah! que je suis malheureuse!

LE CHEVALIER

11 ne tient qu'à vous de faire mon bonheur et le vôtre.

FANCHON

Je ne me sens pas le courage de faire d'emblée un coup si hardi : je vois qu'il faut que vous m'y accoutumiez par degrés.

LE CHEVALIER

Ma belle Fanchon, si vous m'aimiez

FANCHON

Je ne vous aime que trop : vous m'attendrissez, vous m'allez faire pleurer, vous me déchirez le cœur; allez-vous-en.

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