SCÈNE I
DEUX CORYPHÉES
Tribus captives,
Qui sur ces rives
Traînez vos fers;
Tribus captives, De qui les voix plaintives Font retentir les airs, Adorez dans vos maux le Dieu de l'univers.
CHOEDR.
Adorons dans nos maux le Dieu de l'univers.
UN CORYPHÉE
Ainsi depuis quarante hivers Des Philistins le pouvoir indomptable Nous accable; Leur fureur est implacable, Elle insulte aux tourments que nous avons soufferts.
CHOEUR
Adorons dans nos maux le Dieu de l'univers.
UN CORYPHÉE
Race malheureuse et divine,
Tristes Hébreux, frémissez tous :
Voici le jour affreux qu'un roi puissant destine
A placer ses dieux parmi nous.
Des prêtres mensongers, pleins de zèle et de rage, Vont nous forcer à plier les genoux
Devant les dieux de ce climat sauvage : Enfants du ciel, que ferez-vous?
CHOEUR
Nous bravons leur courroux; Le Seigneur seul a notre hommage.
CORYPHÉE
Tant de fidélité sera chère à ses yeux. Descendez du trône des cieux, Fille de la Clémence,
Douce Espérance, Trésor des malheureux; Venez tromper nos maux, venez remplir nos vœux. Descendez, douce Espérance.