‹ Théâtre completChapitre 1569 sur 1720 · ZÉLIDE, PANOPE · texte numérisé non relu

ZÉLIDE, PANOPE

ZÉLIDE

Dieux bienfaisants, qu'en ce bois on adore, Protégez-moi toujours contre mes oppresseurs! Les mages de Memphis me poursuivent encore, Et de simples bergers sont mes seuls défenseurs. C'est ici que Tanis a repoussé la rage

De nos implacables vainqueurs.

Je n'ai d'autres plaisirs, dans mes cruels malheurs. Que de parler de son courage.

PANOPE

Oubliez-vous Phanor?

ZELTDE.

A mon père attaché, Il a suivi mon sort; je connais sa vaillance.

PANOPE

Ah î que vous le voyez avec indifférence!

ZÉLIDE

Il a fait son devoir; mon cœur en est touché.

PANOPE

Des mages de Memphis il brava la colère. Depuis que ces tyrans ont détrôné les rois, Depuis qu'ils ont versé le sang de votre père, 11 s'éleva contre eux, il défendit vos droits. Il a conduit vos pas : il vous aime; il espère Vous mériter par ses exploits.

ZÉLIDE

Malgré tous ses efforts, errante, poursuivie,

Je périssais près de ces lieux ; Lui-même allait tomber sous un joug odieux.

Nous devons à Tanis la liberté, la vie. Que Tanis est grand à mes yeux!

PANOPE

L'estime et la reconnaissance

Sont le juste prix des bienfaits ; Mais de simples bergers pourront-ils à jamais Des tyrans de Memphis braver la violence? Votre trône est tombé ; vous n'avez plus d'amis.

Quelle est encor votre espérance?

Au seul bras de Tanis je dois ma délivrance. J'espère tout du généreux Tanis.

Page 1