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TANIS ET ZÉLIDE, ACTE I, SCÈNE V

Jamais nous abattre :

Nous savons combattre, Nous savons aimer.

CHOEUR

Demeurez, régnez sur ces rivages:

Connaissez la paix et les beaux jours.

La nature a mis dans nos bocages Les vrais biens ignorés dans les cours.

zélide. [blés,

Pasteurs, heureux pasteurs, aussi doux qu'invinci- Yous qui bravez la mort, vous qui bravez les fers De nos pontifes inflexibles, Que j'aime vos riants déserts !

Que ce séjour me plaît ! que Memphis est sauvage ! Comment avez-vous pu, dans ce bois enchanté, Près des murs de Memphis, et près de l'esclavage,

Conserver votre liberté?

Comment avez-vous pu vivre toujours sans maîtres Dans ces paisibles lieux?

LES BERGERS

Nous avons conservé les mœurs de nos ancêtres; Nous bravons les tyrans et nous aimons nos dieux.

ZÉLIDE

Que de grandeur, ô ciel ! dans la simple innocence ! Respectables mortels! ciel heureux ! jours sereins!

LES BERGERS

C'est ainsi qu'autrefois vivaient tous les humains.

ZÉLIDE

Mais Tanis parmi vous a-t-il quelque puissance?

LES BERGERS

Dans notre heureuse égalité, Tanis a sur nos cœurs la douce autorité Que ses vertus et sa vaillance N'ont que trop bien mérité.

ZÉLIDE, TANIS, le ciioeur.

TANIS

Est-il possible, ô dieux! Phanor ose entreprendre D'exposer vos beaux jours à nos fiers ennemis! Qu'iricz-vous faire, hélas! aux remparts de Mem

Quel sort y pouvez-vous attendre? [phis? Nos campagnes, nos bois, et nos cœurs sont à vous.

Faudra-t-il qu'un peuple perfide, Que des mages sanglants, une cour homicide,

L'emportent sur des biens si doux !

ZÉLIDE

Quoi ! Phanor, après sa défaite, Aux rivages du Psil ose-t-il retourner?

Ah! s'il me faut quitter cette aimable retraite,

Tanis veut-il m'abandonner?

TANIS

Nous ne ravageons point la terre; Nous défendons nos champs quand ilssont menacés,

Nous détestons l'horrible guerre :

Mais vous changez nos lois dès que vous paraissez. Au bout de l'univers je suis prêt à vous suivre.

C'était peu de vous secourir; C'est pour vous qu'il est doux de vivre, Et c'est en vous vengeant qu'il est doux de mourir.

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