‹ Théâtre completChapitre 1573 sur 1720 · ZÉLIDE, PHANOR · texte numérisé non relu

ZÉLIDE, PHANOR

PHANOR

Non, je ne puis souffrir l'indigne déférence

Dont vous l'honorez à mes yeux :

La seule égalité m'offense;

L'injurieuse préférence Est un affront trop odieux.

zélide. [plaindre?

Il combat pour vous-même; est-ce à vous de vous Vous deviez plus d'égards aux exploits de Tanis.

Il faut ménager, il faut craindre

Les grands cœurs qui nous ont servis.

PHANOR

Poursuivez, achevez, ingrate; Faites tomber sur moi notre commun malheur; Élevez jusqu'à vous un barbare, un pasteur. Oubliez...

ZELIDE.

Osez-vous?...

PHANOR

Oui, je vois qu'il s'en flatte.

Oui, vous encouragez sa téméraire ardeur. Votre faiblesse éclate Dans vos yeux et dans votre cœur.

Pourquoi soupçonnez-vous que je puisse descendre

Jusqu'à souffrir qu'il vive sous ma loi ? Vos soupçons menaçants suffiraient pour m'ap- Qu'il n'est pas indigne de moi. [prendre

PHANOR

0 ciel! qu'avec raison de ce fatal rivage

Je voulais partir aujourd'hui!

Pouvez-vous à ce point outrager mon courage?

ZÉLIDE

Si l'égalera vous c'est vous faire un outrage, Surpassez son grand cœur en servant mieux que lui.

CHŒUR DES PASTEURS, derrière lu scène.

Aux armes ! aux armes !

Marchons, signalons-nous.

PHANOR

Eh bien ! je vais périr pour vos perfides charmes; Je vais chercher la mort, et j'en chéris les coups.

Vous seule causez mes alarmes; Je n'ai point d'ennemis plus funestes que vous.

(Il sort.) LE CHOEUR.

Aux armes ! aux armes !

Marchons, signalons-nous.

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