ZÉLIDE, PHANOR
PHANOR
Non, je ne puis souffrir l'indigne déférence
Dont vous l'honorez à mes yeux :
La seule égalité m'offense;
L'injurieuse préférence Est un affront trop odieux.
zélide. [plaindre?
Il combat pour vous-même; est-ce à vous de vous Vous deviez plus d'égards aux exploits de Tanis.
Il faut ménager, il faut craindre
Les grands cœurs qui nous ont servis.
PHANOR
Poursuivez, achevez, ingrate; Faites tomber sur moi notre commun malheur; Élevez jusqu'à vous un barbare, un pasteur. Oubliez...
ZELIDE.
Osez-vous?...
PHANOR
Oui, je vois qu'il s'en flatte.
Oui, vous encouragez sa téméraire ardeur. Votre faiblesse éclate Dans vos yeux et dans votre cœur.
Pourquoi soupçonnez-vous que je puisse descendre
Jusqu'à souffrir qu'il vive sous ma loi ? Vos soupçons menaçants suffiraient pour m'ap- Qu'il n'est pas indigne de moi. [prendre
PHANOR
0 ciel! qu'avec raison de ce fatal rivage
Je voulais partir aujourd'hui!
Pouvez-vous à ce point outrager mon courage?
ZÉLIDE
Si l'égalera vous c'est vous faire un outrage, Surpassez son grand cœur en servant mieux que lui.
CHŒUR DES PASTEURS, derrière lu scène.
Aux armes ! aux armes !
Marchons, signalons-nous.
PHANOR
Eh bien ! je vais périr pour vos perfides charmes; Je vais chercher la mort, et j'en chéris les coups.
Vous seule causez mes alarmes; Je n'ai point d'ennemis plus funestes que vous.
(Il sort.) LE CHOEUR.
Aux armes ! aux armes !
Marchons, signalons-nous.