‹ Théâtre completChapitre 1604 sur 1720 · LES TROIS PARQUES · texte numérisé non relu

LES TROIS PARQUES

Notre gloire est de détruire , Notre pouvoir est de nuire:

Tel est l'arrêt du sort.

Le ciel donne la vie, et nous donnons la mort.

PROMÉTHÉE

Fuyez donc à jamais ce beau jour qui m'éclaire : Vous êtes malfaisants, vous n'êtes point mes dieux. Fuyez, destructeurs odieux De tout le bien que je veux faire; Dieux des malheurs, dieux des forfaits,

Ennemis funèbres, Replongez-vous dans les ténèbres ; Ennemis funèbres, Laissez le monde en paix.

NÉMÉSIS

Tremble, tremble pour toi-même ; Crains notre retour, Crains Pandore et l'Amour.

Le moment suprême Yole sur tes pas.

Nous allons déchaîner les démons des combats ; Nous ouvrirons les portes du trépas.

Tremble, tremble pour toi-même.

(Les dieux des enfers disparaissent. On revoit la campagne éclairée et riante. Les Nymphes des bois et des campagnes sont de chaque côté du théâtre.) PROMÉTHÉE.

Ah! trop cruels amis! pourquoi déchaîniez-vous,

Du fond de cette nuit obscure, Dans ces champs fortunés, et sous un ciel si dojiix,

Ces ennemis de la nature?

Que l'éternel chaos élève entre eux et nous Une barrière impénétrable !

L'enfer implacable Doit-il animer Ce prodige aimable Que j'ai su former?

Un dieu favorable Le doit enflammer.

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