‹ Théâtre completChapitre 1607 sur 1720 · NYMPHES ET TITANS · texte numérisé non relu

NYMPHES ET TITANS

(On danse autour d'elle.) Pandore, fille de l'Amour, Charmes naissants, beauté nouvelle, Inspirez à jamais, sentez à votre tour Cette flamme immortelle Dont vous tenez le jour.

(On danse.) PANDORE, apercevant Proméiliée au milieu des Nymphes.

Quel objet attire mes yeux!

De tout ce que je vois dans ces aimables lieux, C'est vous, c'est vous, sans doute, àquijedoislavie. Du feu de vos regards que mou âme est remplie! Vous semblez encor m'animer.

PROMÉTHÉE

Vos beaux yeux ont su m'enflammer Lorsqu'ils ne s'ouvraient pas encore.

Vous ne pouviez répondre, et j'osais vous aimer. Vous parlez, et je vous adore.

PANDORE

Vous m' aimez, cher auteur de mesjourseommeneés!

Vous m'aimez, et je vous dois l'être ! La terre m'enchantait; que vous l'embellissez ! Mon cœur vole vers vous, il se rend à son maître;

Et je ne puis connaître Si ma bouche en dit trop, ou n'en dit pas assez.

PROMÉTHÉE

Vous n'en sauriez trop dire, et la simple nature Parle sans feinte et sans détour.

Que toujours la race future Prononce ainsi le nom d'Amour!

(Ensemble.) Charmant Amour, éternelle puissance, Premier dieu de mon cœur, Amour, ton empire commence :

C'est l'empire du bonheur.

PROMÉTHÉE

Ciel! quelle épaisse nuit, quels éclats du tonnerre

Détruisent les premiers instants Des innocents plaisirs que possédait la terre !

Quelle horreur a troublé mes sens!

(Ensemble.) La terre frémit, le ciel gronde;

Des éclairs menaçants Ont percé la voûte profonde

De ces astres naissants.

Quel pouvoir ébranle le monde Jusqu'en ses fondements?

(On voit descendre un char sur lequel sont Mercure, la Discorde, Némésis, etc.) MERCURE.

Un héros téméraire a pris le feu céleste : Pour expier ce vol audacieux, Montez, Pandore, au sein des dieux.

PROMÉTHÉE

Tyrans cruels !

PANDORE

Ordre funeste !

Larmes que j'ignorais, vous coulez de mes yeux.

MERCURE

Obéissez, montez aux deux.

PANDORE

Ah! j'étais dans le ciel en voyant ce que j'aime.

PROMÉTHÉE

Cruels! ayez pitié de ma douleur extrême.

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