‹ Théâtre completChapitre 1614 sur 1720 · PROMÉTHÉE, PANDORE · texte numérisé non relu

PROMÉTHÉE, PANDORE

PANDORE, tenant la boîte.

Eh quoi ! vous me quittez, cher amant que j'adore, Ètcs-vous soumis ou vainqueur?

PROMÉTHÉE

La victoire est à moi, si vous m'aimez encore. L'Amour et le Destin parlent en ma faveur.

PANDORE

Eh quoi ! vous me quittez, cher amant que j'adore?

PROMÉTHÉE

Les Titans sont tombés ; plaignez leur soft affreux. Je dois soulager leur chaîne.

Apprenons à la race humaine A secourir les malheureux.

PANDORE

Demeurez un moment. Voyez votre victoire. Ouvrons ce don charmant du souverain des dieux : Ouvrons.

PROMÉTHÉE

Que faites-vous? hélas! daignez me croire. Je crains tout d'un rival; et ces soins curieux

PANDORE, ACTE V

Sont des pièges nouveaux que vous tendent les pandore. [dieux.

Quoi! vous pensez...?

PROMÉTHÉE

Songez à ma prière, Songez à l'intérêt de la nature entière, Et du moins attendez mon retour en ees lieux.

PANDORE

Eh bien! vous le voulez; il faut vous satisfaire. Je soumets ma raison; je ne veux que vous plaire. Je jure, je promets à mes tendres amours De vous croire toujours.

PROMÉTHÉE

Vous me le promettez?

PANDORE

J'en jure par vous-même.

On obéit dès que l'on aime.

PROMÉTHÉE

C'en est assez, je pars, et je suis rassuré.

Nymphes des bois, redoublez votre zèle ; Chantez cet univers détruit et réparé.

Que tout s'embellisse à son gré, Puisque tout est formé pour elle.

{Il sort.) UNE NYMPHE.

Voici le siècle d'or, voici le temps de plaire. Doux loisir, ciel pur, heureux jours, Tendres amours, La nature est votre mère.

Comme elle durez toujours.

Page 1