PROMÉTHÉE, PANDORE
PANDORE, tenant la boîte.
Eh quoi ! vous me quittez, cher amant que j'adore, Ètcs-vous soumis ou vainqueur?
PROMÉTHÉE
La victoire est à moi, si vous m'aimez encore. L'Amour et le Destin parlent en ma faveur.
PANDORE
Eh quoi ! vous me quittez, cher amant que j'adore?
PROMÉTHÉE
Les Titans sont tombés ; plaignez leur soft affreux. Je dois soulager leur chaîne.
Apprenons à la race humaine A secourir les malheureux.
PANDORE
Demeurez un moment. Voyez votre victoire. Ouvrons ce don charmant du souverain des dieux : Ouvrons.
PROMÉTHÉE
Que faites-vous? hélas! daignez me croire. Je crains tout d'un rival; et ces soins curieux
PANDORE, ACTE V
Sont des pièges nouveaux que vous tendent les pandore. [dieux.
Quoi! vous pensez...?
PROMÉTHÉE
Songez à ma prière, Songez à l'intérêt de la nature entière, Et du moins attendez mon retour en ees lieux.
PANDORE
Eh bien! vous le voulez; il faut vous satisfaire. Je soumets ma raison; je ne veux que vous plaire. Je jure, je promets à mes tendres amours De vous croire toujours.
PROMÉTHÉE
Vous me le promettez?
PANDORE
J'en jure par vous-même.
On obéit dès que l'on aime.
PROMÉTHÉE
C'en est assez, je pars, et je suis rassuré.
Nymphes des bois, redoublez votre zèle ; Chantez cet univers détruit et réparé.
Que tout s'embellisse à son gré, Puisque tout est formé pour elle.
{Il sort.) UNE NYMPHE.
Voici le siècle d'or, voici le temps de plaire. Doux loisir, ciel pur, heureux jours, Tendres amours, La nature est votre mère.
Comme elle durez toujours.