‹ Théâtre completChapitre 1626 sur 1720 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

SANCHETTE et HERNAND sont sur le devrait, la princesse de NAVARRE arrive par un des côtés du fond sur le théâtre, entre DON MORILLO ET LE DUC DE FOIX; LÉONOR, suite.

LÉONOR, à Morillo.

Oui, monsieur, nous allons partir.

LE DUC DE FOIX, à part.

Amour, daigne éloigner un départ qui me tue.

SANCHETTE, à Hernand.

On ne commence point. Je ne puis me tenir; Quand aurai-je une fête aux yeux de l'inconnue? Je la verrai jalouse, et c'est un grand plaisir. CONSTANCE voulant passer par une porte, elle s'ouvre et paraît remplie de guerriers.

Que vois-je, ô ciel! suis-je trahie?

Ce passage est rempli de guerriers menaçants!

Quoi ! don Pèdrc en ces lieux étend sa tyrannie?

LÉONOR

La frayeur trouble tous mes sens.

(Les guerriers entrent sur la scène, précédés de trompettes, et tous les acteurs de la comédie se rangent d'un côté du théâtre.)

UN GUERRIER, chantant. Jeune beauté, cessez de vous plaindre, Bannissez vos terreurs; C'est vous qu'il faut craindre :

Bannissez vos terreurs; C'est vous qu'il faut craindre; Régnez sur nos cœurs.

LE CHOEUR répète.

Jeune beauté, cessez de vous plaindre, etc. (Marche de guerriers dansants.) UN GUERRIER.

Lorsque Vénus vient embellir la terre, C'est dans nos champs qu'elle établit sa cour. Le terrible dieu de la guerre, Désarmé dans ses bras, sourit au tendre amour. Toujours la beauté dispose Des invincibles guerriers; Et le charmant Amour est sur un lit de rose, A l'ombre des lauriers.

LE CHOEUR

Jeune beauté, cessez de vous plaindre, etc. (On danse.) UN GUERRIER.

Si quelque tyran vous opprime, Il va tomber la victime De l'amour et de la valeur; 11 va tomber sous le glaive vengeur.

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