‹ Théâtre completChapitre 1631 sur 1720 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

SANCHETTE, L'ALCADE, suite.

l'alcade.

Mes amis, vous avez un important emploi; Elle est dans ces jardin-. Ah ! la voici; c'est elle : Le portrait qu'on m'en fit me semble assez fidèle; Voilà son air, sa taille; elle est jeune, elle est belie;

Remplissons les ordres du roi.

Soyez prêts à me suivre, et faites sentinelle.

UN LIEUTENANT DE l'aLCADE.

Xous vous obéirons; comptez sur notre zèle.

Ah! messieurs, vous parlez de moi.

l'alcade. [naître;

Oui, madame, à vos traits nous savons vous con- Votre air nous dit assez ce que vous devez être; Nous venons vous prier de venir avec nous; La moitié de mes gens marchera devant vous, L'autre moitié suivra; vous serez transportée Sûrement et sans bruit, et partout respectée.

SANCHETTE

Quel étrange propos! me transporter! Qui? moi ! Eh ! qui doue ètes-vous?

l'alcade *

Des officiers du roi; Vous l'offensez beaucoup d'habiter ces retraites; Monsieur l'amirante en secret, Sans nous dire qui vous êtes, N"iis a fait votre portrait.

SANCHETTE

Mon portrait, dites-vous?

l'alcade.

Madame, trait pdUF trait.

SANCHETTE

Mais je ne connais point ce monsieur l'amirante.

l'alcade.

Il fait pourtant de vous la peinture vivante.

SANCHETTE

Mon portrait à la cour a donc été porté?

l'alcade.

Apparemment.

SANCHETTE

Voyez ce que fait la beauté I Et de la part du roi vous m'enlevez ! l'alcade.

Sans doute ; C'est notre ordre précis: il le faut, quoi qu'il coûte.

SANCHETTE

Où m'allez-vous mener?

l'alcade.

A Burgos, à la cour ; Vous y serez demain avant la fin du jour.

SANCHETTE

A la cour ! mais vraiment ce n'est pas me déplaire ; La cour ! j'y consens fort ; mais que dira mon père ?

l'alcade.

Votre père? il dira tout ce qu'il lui plaira.

SANCHETTE

Il doit être charmé de ce voyage-là.

l'alcade.

C'est un honneur très-grand qui sans doute le flatte.

SAXCHETTE.

On m'a dit que la cour est un pays si beau ! Hélas ! hors ce jour-ci, la vie en ce château Fut toujours ennuyeuse et plate.

l'alcade.

Il faut que dans la cour votre personne éclate.

Eh ! qu'est-ce qu'on y fait ?

l'alcade.

Mais du bien et du mal; On y vit d'espérance; on tâche de paraître ; Près des belles toujours on a quelque rival, On en a cent auprès du maître.

SANCHETTE

Eh ! quand je serai là, je verrai donc le roi ?

l'alcade.

C'est lui qui veut vous voir.

SANCHETTE

Ah ! quel plaisir pour moi !

Xe me trompez-vous point? eh quoi ! le roi souhaite Que je vive à sa cour ? il veut avoir Sanchette ? Hélas ! de tout mon cœur: il m'enlève; partons. Lst-il comme Alamir? quelles sont ses façons? Gomment en use-t-il, messieurs, avec les belles ?

l'alcade.

Il ne m'appartient pas d'en savoir des nouvelles ; A ses ordres sacrés je ne sais qu'obéir.

SANCHETTE

Vous emmenez sans doute à la cour Alamir?

l'alcade.

Comment ? quel Alamir?

LA PRINCESSE DE NAVARRE, ACTE II, SCÈNE V

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