‹ Théâtre completChapitre 1658 sur 1720 · LE TEMPLE DE LA · texte numérisé non relu

LE TEMPLE DE LA

La Gloire loin de vous m'appelle; Si je pouvais vous écouter, Je deviendrais indigne d'elle.

LIDIE

Non, la Gloire n'est point barbare et sans pitié; Non, tu te fais des dieux à toi-même semblables :

A leurs autels tu n'as sacrifié Que les pleurs et le sang des mortels misérables.

BÉLUS

Ne condamnez point mes exploits; Quand on se veut rendre le maître, On est malgré soi quelquefois Plus cruel qu'on ne voudrait être.

LIDIE

Que je hais tes exploits heureux!

Que le sort t'a changé! que ta grandeur t'égare ! Peut-être es-tu né généreux :

Ton bonheur t'a rendu barbare.

BÉLUS

Je suis né pour dompter, pour changer l'univers : Le faible oiseau dans un bocage Fait entendre ses doux concerts; L'aigle qui vole au haut des airs Porte la foudre et le ravage.

Cessez de m'arrêter par vos murmures vains, Et laissez-moi remplir mes augustes destins.

[Bélus sort pour aller au temple.) LIDIE.

0 Muses, puissantes déesses, De cet ambitieux fléchissez la fierté; Secourez-moi contre sa cruauté, Ou du moins contre mes faiblesses.

APOLLON ET LES MUSES descendent dans un char qui repose par les deux bouts sur les deux collines du Parnasse.

(Elles chantent en chœur.)

Nous adoucissons

Par nos arts aimables Les cœurs impitoyables, Ou nous les punissons.

APOLLON

Bergers, qui dans ces bocages Apprîtes nos chants divins, Vous calmez les monstres sauvages; Fléchissez les cruels humains.

{Les bergers dansent.) APOLLON.

Vole, Amour, dieu des dieux, embellis mon empire ; Désarme la guerre en fureur :

D'un regard, d'un mot, d'un sourire, Tu calmes le trouble et l'horreur; Tu peux changer un cœur, Je ne peux que l'instruire.

Vole, Amour, dieu des dieux, embellis mon empire; Désarme la guerre en fureur.

BÉLUS rentre, suivi de ses guerriers.

Quoi! ce temple pour moi ne s'ouvre point encore!

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