‹ Théâtre completChapitre 1668 sur 1720 · FAN1E · texte numérisé non relu

FAN1E

11 se dérobe à leurs chants de victoire ; Seul, sans pompe et sans suite, il vient orner ces plautine. [lieux.

Il faut à des héros vulgaires La pompe et l'éclat des honneurs; Ces vains appuis sont nécessaires Pour les vaines grandeurs.

Trajan seul est suivi de sa gloire immortelle; On croit voir près de lui l'univers à genoux;

Mais j'ai pour moi les dieux, les Romains, mon cou Et mon amour et vos regards. [rage

PLAUTINE.

Mes regards vous suivront: je veux que sur ma tète

Le ciel épuise son courroux.

Je ne vous quitte pas; je braverai leurs coups; J'écarterai la mort qu'on vous apprête,

Je mourrai du moins près de vous.

TRAJAN

Ah! ne m'accablez point, mon cœur est trop sen- Ah! laissez-moi vous mériter. [sible !

Vous m'aimez, il suffit, rien ne m'est impossible, Rien ne pourra me résister.

PLAUTINE.

Cruel, pouvez-vous m'arrêter?

J'entends déjà les cris d'un ennemi perfide. trajan.

J'entends la voix du devoir qui me guide;

Et c'est pour moi qu'il vient! ce héros m'est fidèle! Je vole; demeurez : la victoire me suit.

Grands dieux ! vous habitez dans cette âme si belle, Et je la partage avec vous!

TRAJAN, PLAUTINE, suite.

PLAUTINE, courant au-devant de Trajan.

Enfin je vous revois ; le charme de ma vie M'est rendu pour jamais.

TRAJAN

Le ciel me vend cher ses bienfaits,

Ma félicité m'est ravie.

Je reviens un moment pour m'arracher à vous, Pour m'animer d'une vertu nouvelle,

Pour mériter, quand Mars m'appelle, D'être empereur de Rome et d'être votre époux.

PLAUTINE.

Que dites-vous ? Quel mot funeste!

Un moment! vous,ô ciel! un seul moment me reste, Quand mes jours dépendaient de vous revoir toutrajan. [jours.

Le ciel en tous les temps m'accorda son secours : Il me rendra bientôt aux charmes que j'adore. C'est pour vous qu'il a fait mon cœur. Je vous ai vue, et je serai vainqueur.

PLAUTINE.

Quoi! ne l'êtes- vous pas? Quoi! serait-il encore Un roi que votre main n'aurait pas désarmé? Tout n'est-il pas soumis, du couchant à l'aurore? L'univers n'est-il pas calmé ?

TRAJAN

On ose me trahir.

PLAUTINE.

Non, je ne puis vous croire On ne peut vous manquer de foi.

TRAJAN

Des Parthes terrassés l'inexorable roi S'irrite de sa chute et brave ma victoire. Cinq rois qu*il a séduits sont armés contre moi ; Ils ont joint l'artifice aux excès de la rage; Ils sont au pied de ces remparts;

Terrasser sous

Je vole; attendez tout de mon peuple intrépide,

Et de l'amour qui me conduit.

[Ensemble.)

Je vais | . . , Allez punir un barbare,

mes )

vos I C0UPS L'ennemi qui nous sépare, Qui m'arrache un moment à vous.

PLAUTINE.

Il m'abandonne à ma douleur mortelle ; Cher amant, arrêtez : ah! détournez les yeux, Voyez encor les miens.

TRAJAN, au. fond du théâtre.

0 dieux, ô justes dieux, Veillez sur l'empire et sur elle !

PLAUTINE.

Il est déjà loin de ces lieux.

Devoir, es-tu content? Je meurs et je l'admire.

Ministres du dieu des combats, Prêtresses de Vénus, qui veillez sur l'empire, Percez le ciel de cris, accompagnez mes pas;

Secondez l'Amour qui m'inspire.

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