‹ Théâtre completChapitre 206 sur 1720 · ZAÏRE, ACTE V, SCENE II · texte numérisé non relu

ZAÏRE, ACTE V, SCENE II

Ce cœur désespéré devant vous se déploie? Sachez donc qu'en secret il pensait malgré lui Tout ce que devant vous il déclare aujourd'hui; Qu'il soupirait pour vous, avant que vos tendresses Vinssent justifier mes naissantes faiblesses ; Qu'il prévint vos bienfaits, qu'il brûlait à vos pieds, Qu'il vous aimait enfin, lorsque vous m'ignoriez ; Qu'il n'eut jamais que vous, n'aura que vous pour J'en atteste le ciel, que j'offense peut-être; [maître. Et si j'ai mérité son éternel courroux, Si mon cœur fut coupable, ingrat, c'était pour vous. orosmane. [sure!

Quoi ! des plus tendres feux sa bouche encor m'as- Quel excès de noirceur! Zaïre!... Ah! la parjure! Quand de sa trahison j'ai la preuve en ma main !

ZAÏRE

Que dites-vous? Quel trouble agite votre sein?

OROSMANE

Je ne suis point troublé. Vous m'aimez?

Votre bouche Peut-elle me parler avec ce ton farouche D'un feu si tendrement déclaré chaque jour? Vous me glacez de crainte en me parlant d'amour.

OROSMANE

Vous m'aimez?

ZAÏRE

Vous pouvez douter de ma tendresse !

Mais, encore une fois, quelle fureur vous presse? Quels regards effrayants vous me lancez! hélas! Vous doutez de mon cœur?

OROSMANE

Non, je n'en doute pas.

Allez, rentrez, madame.

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