‹ Théâtre completChapitre 373 sur 1720 · ZULIME, ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ZULIME, ACTE III, SCÈNE I

Vous n'avez plus de fille et je suis à Ramire.

BÉNASSAR.

Que dis-tu? malheureuse! opprobre de mon sort! Quoi ! tu joins tant de honte à l'horreur de ma mort ! Qui? Ramire! un captif! Ramire t'a séduite! Un barbare t'enlève et te force à la fuite! Non, dans ton cœur séduit, d'un fol amour atteint, Tout l'honneur de mon sang n'est pas encore éteint ; Tu ne souilleras point d'une tache si noire La race des héros, ma vieillesse et ma gloire : Quelle honte, grand Dieu, suivrait un sort si beau ! Yeux-tu déshonorer ma vie et mon tombeau? De mes folles bontés quel horrible salaire ! Ma fille, un suborneur est-il donc plus qu'un père? Repens-toi, suis mes pas, viens sans plus m'outrazulime. [ger.

Je voudrais obéir; mon sort ne peut changer. Approuvée en Europe, en vos climats flétrie, 11 n'est plus de retour pour moi dans ma patrie. Mais si le nom d'esclave aigrit votre courroux, Songez que cet esclave a combattu pour vous; Qu'il vous a délivré d'une main ennemie ; Que vos persécuteurs ont demandé sa vie ; Que j'acquitte envers lui ce que vous lui devez; Qu'à d'assez grands honneurs ses jours sont réservés ; Qu'il est du sang des rois, et qu'un héros pour Un prince vertueux.... [gendre,

BÉNASSAR.

Je ne veux plus t'entendre.

Barbare! Que les cieux partagent ma douleur! Que ton indigne amant soit un jour mon vengeur! Il le sera sans doute et j'en reçois l'augure. Tous les enlèvements sont suivis du parjure. Puisse la perfidie et la division Etre le digne fruit d'une telle union!

J'espère que le ciel, sensible à mon outrage, Accourcira bientôt dans les pleurs, dans la rage, Tes jours infortunés que ma bouche a maudits, Et qu'on te trahira comme tu me trahis. Coupable de la mort qu'ici tu me prépares, Lâche, tu périras par des mains plus barbares : Je ie demande aux cieux; perfide, tu mourras Aux pieds de ton amant qui ne te plaindra pas. Mais avant de combler son opprobre et sa rage, Axant que le cruel t'arrache à ce rivage, •l'y cours; et nous verrons si tes lâches soldats Seront assez hardis pour t'ôter de mes bras, [tre, Et si, pour se ranger sous les drapeaux d'un traî- 11s fouleront aux pieds, et ton père, et leur maître.

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