LE FANATISME, ACTE II, SCÈNE IV
Il vient dans vos cœurs même établir son pouvoir.» Plus d'un juge à ma voix a paru s'émouvoir; Les esprits s'ébranlaienl : l'inflexible Zopire, Qui craint de la raison l'inévitable empire, Veut convoquer le peuple cl s'en faire un appui. On l'assemble; j'y ours, et j'arrive avec lui : Je parle aux citoyens, j'intimide, j'exhorte ; J'obtiens qu'à Mahomet on ouvre enfin la porte. Après quinze ans d'exil, il revoit ses foyers. Il entre accompagné des plus braves guerriers, D'Ali, d'Arnmon, d'Hercidc, et de sa noble élite; Il entre, et sur ses pas chacun se précipite ; Chacun porte un regard, comme un cœur différent. L'un croit voir un héros, l'autre voir un tyran. Celui-ci le blasphème et le menace encore; Cet autre est à ses pieds, les embrasse et l'adore. Nous faisons retentir à ce peuple agité Les noms sacrés de Dieu, de paix, de liberté. De Zopire éperdu la cabale impuissante Vomit en vain les feux de sa rage expirante. Au milieu de leurs cris, le front calme et serein, Mahomet marche en maître et l'olive ta la main : La trêve est publiée, et le voici lui-même,