SEMIRAMIS, ACTE I, SCENE V
ARZACE.
Oui.
ASSUR
Mais savez-vous bien Que pour avoir son ordre on demande le mien?
ARZACE.
Je l'ignorais, seigneur, et j'aurais pensé même Blesser, en le croyant, l'honneur du diadème. Pardonnez; un soldat est mauvais courtisan. Nourri dans la Scythie, aux plaines d'Arbazan, J'ai pu servir la cour et non pas la connaître.
assur. [être;
L'âge, le temps, les lieux, vous l'apprendront peut- Mais ici par moi seul aux pieds du trône admis, Que venez-vous chercher près de Sémiramis?
ARZACE.
J'ose lui demander le prix de mon courage, 1 /honneur de la servir.
assur.
Vous osez davantage.
Vous ne m'expliquez pas vos voeux présomptueux : Je sais pour Azéma vos desseins et vos feux.
Je l'adore, sans doute, et son cœur où j'aspire Est d'un prix à mes yeux au-dessus de l'empire : Et mes profonds respects, mon amour...
assur.
Arrêtez.
Vous ne connaissez pas à qui vous insultez. Qui ? vous ! associer la race d'un Sarmate Au sang des demi-dieux du Tigre et de l'Euphrate. Je veux bien par pitié vous donner un avis : Si vous osez porter jusqu'à Sémiramis L'injurieux aveu que vous osez me faire, Vous m'avez entendu, frémissez, téméraire : Mes droits impunément ne sont point offensés.
ARZACE.
J'y cours de ce pas même et vous m'enhardissez : C'est l'effet que sur moi fit toujours la menace. Quels que soient en ces lieux les droits de votre Vous n'avez pas celui d'outrager un soldat [place, Qui servit et la reine, et vous-même, et l'État. Je vous parais hardi ; mon feu peut vous déplaire : Mais vous me paraissez cent fois plus téméraire, Vous qui, sous votre joug prétendant m'accabler, Vous croyez assez grand pour me faire trembler.
assur. [dre
Pour vous punir peut-être; et je vais vous appren- Quel prix de tant d'audace un sujet doit attendre.
ARZACE.
Tous deux nous l'apprendrons.