‹ Théâtre completChapitre 61 sur 1720 · Y, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

Y, SCÈNE VI

Il vous permet encor de régner et de vivre; Le sang d'QEdipe enfin suffit à son courroux.

le choeur.

Dieux !

JOCASTE

0 mon fils! hélas! dirai-je mon époux?

0 des noms les plus chers assemblage effroyable ! 11 est donc mort?

LE GRAND-PRÊTRE

Il vit, et le sort qui l'accable Des morts et des vivants semble le séparer; Il s'est privé du jour avant que d'expirer. Je l'ai vu dans ses yeux enfoncer cette épée Qui du sang de son père avait été trempée; Il a rempli son sort; et ce moment fatal Du salut desThébains est le premier signal. Tel est l'ordre du ciel, dont la fureur se lasse; Comme il veut, aux mortels il fait justice ou grâce; Ses traits sont épuisés sur ce malheureux fils. Vivez, il vous pardonne.

JOCASTE, se frappant.

Et moi, je me punis.

Par un pouvoir affreux réservée à l'inceste, La mort est le seul bien, le seul dieu qui me reste. Laïus, reçois mon sang, je te suis chez les morts : J'ai vécu \erlucuse, et je meurs sans remords.

LE CHOEUR

0 malheureuse reine! ô destin que j'abhorre !

JOCASTE

\e plaignez que mon fils, puisqu'il respire encore. Prêtres, et \ous, Thébains, qui fûtes mes sujets, Honorez mon bûcher, et songez à jamais Qu'au milieu des horreurs du destin qui m'opprime, J'ai fait rougir les dieux qui m'ont forcée au crime.

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