‹ Théâtre completChapitre 624 sur 1720 · L'ORPHELIN DE LA CHINE;, ACTE I, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

L'ORPHELIN DE LA CHINE;, ACTE I, SCÈNE IL

Tout nous interdisait, dans nos préventions, Lue indigne alliance avec les nations.

Enfin un autre hymen, un plus saint nœud m'enga- Le vertueux Zamti mérita mon suffrage. [ge ;

Qui l'eût cru, dans ces temps de paix et de bonheur. Qu'un Scythe méprisé serait notre vainqueur? Voilà ce qui m' alarme et qui me désespère. J'ai refusé sa main; je suis épouse et mère : 11 ne pardonne pas ; il se vit outrager, Et l'univers sait trop s'il aime à se venger. Étrange destinée et revers incroyable!

Est-il possible, ô dieu! que ce peuple innombrable Sous le glaive du Scythe expire sans combats, Comme de vils troupeaux que l'on mène au trépas?

ASSÉLT.

Les Coréens, dit-on, rassemblaient une armée ; Mais nous ne savons rien que par la renommée, Et tout nous abandonne aux mains des destructeurs.

IDAMÉ

<„ ne cette incertitude augmente mes douleurs! J'ignore à quel excès parviennent nos misères, Si l'empereur encore au palais de ses pères A trouvé quelque asile, ou quelque défenseur; Si la reine est tombée aux mains de l'oppresseur, Si l'un et l'autre touche à son heure fatale. Hélas! ce dernier fruit de leur foi conjugale, Ce malheureux enfant, à nos soins confié, Excite encor ma crainte ainsi que ma pitié. Mon époux au palais porte un pied téméraire ; Une ombre de respect pour son saint ministère Peut-être adoucira ces vainqueurs forcenés. On dit que ces brigands aux meurtres acharnés, Qui remplissent de sang la terre intimidée, Ont d'un Dieu cependant conservé quelque idée; Tant la nature même, en toute nation, Grava l'Être suprême et la religion. [che;

Mais je me flatte en vain qu'aucun respect les tou- La crainte est dans mon cœur, et l'espoir dans ma Je me meurs... [bouche.

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