SCÈNE III
GENGIS
A mon sort à la fin je ne puis résister; Le ciel me la destine, il n'en faut point douter. Qu'ai-jefait,aprèstout,dansmagrandeur suprême? J'ai fait des malheureux et je le suis moi-même; Et de tous ces mortels attachés à mon rang, Avide de combats, prodigues de leur sang, Un seul a-t-il jamais, arrêtant ma pensée, Dissipé les chagrins de mon âme oppressée ? Tant d'États subjugués ont-ils rempli mon cœur? Ce cœur, lassé de tout, demandait une erreur Qui put de mes ennuis chasser la nuit profonde, Et qui me consolât sur le trône du monde. Par ses tristes conseils Octarm'a révolté : Je ne vois près de moi qu'un tas ensanglanté De monstres affamés et d'assassins sauvages, Disciplinés au meurtre et formés aux ravages; Ils son tués pour la guerre et non pas pour ma cour. Je les prends en horreur, en connaissant l'amour : Qu'ils combattent sous moi, qu'ils meurent à ma
[suite; Mais qu'ils n'oseul jamais juger de ma conduite. Idamé ne vient point... C'est elle, je la voi.