‹ Théâtre completChapitre 719 sur 1720 · LE PRÊTRE · texte numérisé non relu

LE PRÊTRE

On menace le temple, et les divins mystères Sont bientôt profanés par des mains téméraires ; Les deux rois désunis disputent à nos yeux Le droit décommander où commandent les dieux: Voilà ce qu'annonçaient ces voûtes gémissantes, Et sous nos pieds craintifs nos demeures tremblan- II semble que le ciel veuille nous informer [ tes. Que la terre l'offense et qu'il faut le calmer! Tout un peuple éperdu, que la discorde excite, Vers les parvis sacrés vole et se précipite; Éphèse est divisée entre deux factions.

Nous ressemblons bientôt aux autres nations. La sainteté, la paix, les mœurs, vont disparaître; Les rois l'emporteront, et nous aurons un maître.

l'hiérophante.

Ah ! qu'au moins loin de nous ils portent leurs for- Qu'ils laissent sur la terre un asile de paix! [faits ! Leur intérêt l'exige... O mère auguste et tendre, Et vous... dirai-je, hélas! l'épouse de Cassandre? Aux pieds de ces autels vous pouvez vous jeter. Aux rois audacieux je vais me présenter: Je connais le respect qu'on doit à leur couronne; Mais ils en doivent plus à ce Dieu qui la donne. S'ils prétendent régner, qu'ils ne l'irritent pas. Nous sommes, je le sais, sans armes, sans soldats, Nous n'avons que nos lois, voilà notre puissance. Dieu seul est mon appui, son temple est ma dé- Et, si la tyrannie osait en approcher, [fensej

C'est sur mon corps sanglant qu'il lui faudra

[marcher.

{V hiérophante sort arec le prêtre inférieur.)

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