LYMP1E, ACTE III, SCÈNE III
Ne point faire aujourd'hui le malheur de tous deux!
CASSANDRE
Notre malheur!... Hélas! cette seule journée Voyait de tant de maux la course terminée. Pour la première fois un moment de douceur De mes affreux chagrins dissipait la noirceur.
l'hiérophante.
Peut-être plus que vous Olympie est à plaindre.
CASSANDRE
Comment? que dites-vous?... Eh! que peut- elle l'hiérophante, s'en allant, [craindre?
Vous l'apprendrez trop tôt.
CASSANDRE
Non, demeurez. Eh quoi !
Du parti d'Antigone étes-\ous contre moi ?
l'hiérophante.
Me préservent les cieux de passer les limites Que mon culte paisible à mon zèle a prescrites ! Les intrigues des cours, les cris des factions, Des humains que je fuis' les tristes passions, N'ont point encor troublé nos retraites obscures : Au Dieu que nous servons nous levons des mains j
[pures. | Les débats des grands rois, prompts à se diviser, Ne sont connus de nous que pour les apaiser; Et nous ignorerions leurs grandeurs passagères, Sans le fatal besoin qu'ils ont de nos prières. Pour vous, pour Olympie et pour d'autres, sei- Je vais des immortels implorer la faveur, [gneur,
CASSANDRE
Olympie ! . . .
l'hiérophante.
En ces lieux ce moment la rappelle.
Voyez si vous avez encor des droits sur elle. Je vous laisse.
(// sort, et le temple s'ouvre.)