‹ Théâtre completChapitre 748 sur 1720 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

OLYMPIE, CASSANDRE, les prêtresses.

CASSANDRE

Eh bien ! je viens remplir mon devoir et vos vœux ; Mon sang doit arroser ce bûcher malheureux. Acceptez mon trépas, c'est ma seule espérance; Que ce soit par pitié plutôt que par vengeance.

CASSANDRE

Objet sacré! chère épouse!

OLYMPIE

Ah ! cruel!

CASSANDRE

Il n'est plus de pardon pour ce grand criminel : Esclave infortuné du destin qui me guide, Mon sort en tous les temps est d'être parricide.

(// se jette à genoux.) Mais je suis ton époux; mais, malgré ses forfaits, Cet époux t'idolâtre encor plus que jamais. Respecte, en m' abhorrant, cet hymen que j'atteste : Dans l'univers entier Cassandre seul te reste; La mort est le seul dieu qui peut nous séparer; Je veux, en périssant, te voir et t' adorer. Venge-toi, punis-moi, mais ne sois point parjure : Va, l'hymen est encor plus saint que la nature.

OLYMPIE

Levez-vous, et cessez de profaner du moins Cette cendre fatale et mes funèbres soins, [lument Quand sur l'affreux bûcher dont les flammes s'al- De ma mère en ces lieux les membres se consument, Ne souillez pas ces dons que je dois présenter; N'approchez pas, Cassandre, et sachez m'écoute".

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