SCÈNE V
OLYMPIE, CASSANDRE, les prêtresses.
CASSANDRE
Eh bien ! je viens remplir mon devoir et vos vœux ; Mon sang doit arroser ce bûcher malheureux. Acceptez mon trépas, c'est ma seule espérance; Que ce soit par pitié plutôt que par vengeance.
CASSANDRE
Objet sacré! chère épouse!
OLYMPIE
Ah ! cruel!
CASSANDRE
Il n'est plus de pardon pour ce grand criminel : Esclave infortuné du destin qui me guide, Mon sort en tous les temps est d'être parricide.
(// se jette à genoux.) Mais je suis ton époux; mais, malgré ses forfaits, Cet époux t'idolâtre encor plus que jamais. Respecte, en m' abhorrant, cet hymen que j'atteste : Dans l'univers entier Cassandre seul te reste; La mort est le seul dieu qui peut nous séparer; Je veux, en périssant, te voir et t' adorer. Venge-toi, punis-moi, mais ne sois point parjure : Va, l'hymen est encor plus saint que la nature.
OLYMPIE
Levez-vous, et cessez de profaner du moins Cette cendre fatale et mes funèbres soins, [lument Quand sur l'affreux bûcher dont les flammes s'al- De ma mère en ces lieux les membres se consument, Ne souillez pas ces dons que je dois présenter; N'approchez pas, Cassandre, et sachez m'écoute".