‹ Théâtre completChapitre 780 sur 1720 · JUL · texte numérisé non relu

JUL

Que veut-elle me dire et qu'est-ce qu'on prépare? Séjour de meurtriers, île affreuse et barbare! Je l'avais bien prévu, tu seras mon tombeau. Albine, instruisez-moi de mon malheur nouveau : Pompée est-il connu? voit-il sa dernière heure? N'est-il plus d'espérance ? est-il temps que je meure ? Je suis prête, parlez.

ALBINE

Dans cette horrible nuit, J'ignore, ainsi que vous, s'il succombe ou s'il fuit, Si Fulvie au trépas aura pu le soustraire : Elle suit les conseils d'une aveugle colère, Qu'en ses transports soudains rien ne peut capti- Elle expose Pompée, au lieu de le sauver. [ver,

JULIE

Je m'y suis attendue; et quand ma destinée Dans cet orage affreux m'a près d'elle amenée, Je ne me flattais pas d'y rencontrer un port. Je sais que c'est ici le séjour de la mort. Je suis perdue, Albine, et ne suis point trompée. La fille d'un César, la veuve d'un Pompée, , Sera digne du moins, dans ces extrémités, Du sang qu'elle a reçu, des noms qu'elle a portés. On ne me verra point déshonorer sa cendre Par d'inutiles cris qu'on dédaigne d'entendre, Rougir de lui survivre, et tromper mes douleurs Par l'espoir incertain de trouver des vengeurs. Pour affronter la mort, il échappe à ma vue : . Il a craint ma faiblesse; il m'a trop mal connue : S'il prétend que je vive, il m'outrage en effet. Allons.

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