UN 'SCYTHE
Et la loi des serments est une loi suprême
Aussi chère à nos cœurs que la vengeance même.
OBÉIDE.
C'est assez ; je vous crois. Vous avez donc juré Que de tous les Persans le sang sera sacré Sitôt que cette main remplira vos vengeances?
HERMODAN.
Tous seront épargnés : les célestes puissances N'ont jamais vu de Scythe oser trahir sa foi.
OBÉIDE.
Qu' Athamare à présent paraisse devant moi. [On amène Athamare enchaîné ; Obéide se place entre lui et Hermodan.) HERMODAN.
Qu'on le traîne à l'autel.
SULMA.
Ah ! dieux !
ATHAMARE.
Chère Obéide, Prends ce fer, ne crains rien; que ton bras homi-
[cide Frappe un cœur à toi seule en tout temps réservé : On y verra ton nom; c'est là qu'il est gravé. De tous mes compagnons tu conserves la vie ; Tu me donnes la mort; c'est toute mon envie. Grâces aux immortels, tous mes vœux sont remplis ; Je meurs pour Obéide et meurs pour mon pays. Rassure cette main qui tremble à mon approche; Ne crains, en m'immolant, que le juste reproche Que les Scythes feraient à ta timidité, S'ils voyaient ce que j'aime agir sans fermeté, Si ta main, si tes yeux, si ton cœur qui s'égare, S'effrayaient un moment en frappant Athamare.
SOZAME.
Ah! ma fille!...
SULMA.
Ah! madame!...
OBÉIDE.
0 Scythes inhumains!
Connaissez dans quel sang vous enfoncez mes mains. Athamare est mon prince; il est plus... je l'adore. Je l'aimai seul au inonde... et ce moment encore Porte au plus grand excès, dans ce cœur enivré; L'amour, le tendre amour dont il fut dévoré.
ATHAMARE.
Je meurs heureux.
OBÉIDE.
L'hymen, cet hymen que j'abjure,
Dans un sang criminel doit laver son injure
{Levant le glaive entre elle et Athamare.)
Vous jurez d'épargner tous mes concitoyens