‹ Théâtre completChapitre 869 sur 1720 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

IRADAN, CESÈNE, ARZAME, le jeune ARZÉMON.

Sans doute il n'en est point; mais la terre est vengée. Par votre digne fils ma gloire est partagée ; C'est assez.

LE JEUNE ARZÉMON.

Oui, nos mains ont puni ses fureurs !

Puissent périr ainsi tous les persécuteurs! Le ciel, nous disaient-ils, leur remit son tonnerre : Que le ciel les en frappe et délivre la terre; Que leur sang satisfasse au sang de l'innocent: Mon père, entre vos bras je mourrai trop content;

IRADAN.

La mort est sur nous tous, mon fils ; à ses approches Je ne te ferai point d'inutiles reproches. Ce nouveau coup nous perd; et ce monstre expiré, Tout barbare qu'il fût, était pour nous sacré.

César \a noua punir. Un vieillard magnanime,

l ii livre, deux enfants, tout est ici victime, Tout attend son arrêt. Flétri, dépossédé, Prisonnier dans ce fort où j'avais commandé, Je finis dans l'opprobre une vie abhorrée, Au devoir, à l'honneur, vainement consacrée.

CÉSÈXE.

Eh quoi! je ne vois plus ce fidèle Arzémon; Serait-il renfermé dans une autre prison? A-t-on déjà puni son respectable zèle, Et les bienfaits surtout de sa main paternelle? Au supplice, ma fille, il ne peut échapper. César de toutes parts nous fait envelopper.

ARZAME.

J'entends déjà sonner les trompettes guerrières, Et je vois avancer les troupes meurtrières. Depuis qu'on m'a conduite en ce malheureux fort. Je n'ai vu que du sang, des bourreaux et la mort.

CÉSÈNE

Oui, c'en est fait, ma fille.

ARZAME.

Ah ! pourquoi suis-je née?

CÉSÈXE, embrassant sa fille.

Pour mourir avec moi, mais plus infortunée.... 0 mon cher frère!... et toi, son déplorable fils, Nos jours étaient affreux, ils sont du moins finis.

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