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SCÈNE XVII LE MARQUIS, DON PÈDRE, LE ROI

LE MARQUIS

A Tordre que le roi me donne Mon devoir me dit d'obéir ; Je romprai d0D6 ce long silence.

Le roi sait que par violence La nuit vous osâtes franchir Du palais royal la clôture, Et pour motifs à lui connus,

A paru

( Ces propos seraient mal venus Puisqu'on doit taire l'aventure).

Il voulut que secrètement On vous fit périr et l'oflûce M'en échut ; cruel sacrifice Dont fut troublé mon cœur aimant Je cherchai donc à prendre terme Pour pouvoir plus lard vous sauver.

Dieu qui voulait vous préserver Maintint mon âme droite et ferme, Et fit que dans ce même instant Le bâton de chef de l'armée Fut vacant Votre renommée Permit à votre ami constant D'offrir au roi votre service.

Je triomphai de son refus.

De vous-même, inquiet, confus.

Mais sauvé par mon artifice.

DON PÈDAE.

II suffit : le ciel abusé Devrait ici trancher ma vie.^ Mais d'abord que je remédie Au dommage que j'ai causé.

Marquis, écrasez la vipère Qui^ réchauffée en votre sein.

Exécuta ce noir dessein Dont le souvenir m'exaspère.

Pardonnez, grand et noble cœur, Symbole de l'amitié pure.

Miroir de bonté que j'adjure,

Pardonnez, généreux vainqueur !

Croyant que c'était par envie.

Que loin du soleil de. la cour

Vous m'écartiez, et sans retour.

Je fis le crime que j'expie.

Du vice tel est le pouvoir.

Que Tàme par lui rabaissée

Peut tuer avec la pensée,

Croyant accomplir un devoir !

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