‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 166 sur 192 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

DOîi FERNANDO, gardé par Finéo et les autres valets, LES MÊMES»

Doif FERNANDO. J'enteods de telles choses ! ah I femme iel ah I femme volage et sans foi I LE COMTE. Ne rinjurie pas si tu ne veux perdre la vie. J'ai roinis de te délivrer des gens qui te poursuivaient; j'aiao- )mpli ma promesse. Si maintenant ton audace Toflense ou l'ofifense, pense que je peux sans violer ma parole, t'infliger ! châtiment que tu mérites.

FiHÉQ» à part, aux valets. Veillez tous, car le tisserand est vn émoQ.

]>0N FERNANDO. A quol boD la noblesse, la vertu que tu montras, en me délivrant de mes ennemis si tu déshonores Maintenant cette pitié et si ta cruauté accomplit &ur moi une engeance plus impitoyable ? Gomment te remercierai^je de U Arole que tu m'as tenue, puisque en me donnant la vi« tu (l'as ôté Tâmc en échange? Je ne parle pas d^ toi, femme sans oi, de toi je ne veux pas me plaindre.

TKODORA, à part. Je craius que les Injures qu'il m'adresse 3e lui coûtent la vie. (Haat.) Insensé, dis, quelle présomption ^^ fait croire que je n'aimerais pas mieux un jour exaucer •es justes vœux du comte que de garder ma constance à l'aïûour d'un tisserand ? Ma passion pour toi m'a-t-ellc donc tellement aveuglée qu'à un grand seigneur, à cet Atlas qui soutient dignement le poids d'un royaume, je préfère la vile personne d'un criminel bandit ? Gonnais-toi, présomptueux^ orgueilleux rentre en toi-même, si je t'ai suivi jusqu'ici c'est la force et non l'alTection qui m'y a contrainte l Et ainsi la fureur qui t'anime est la seule cause de ta perte. Jouis donc

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de ta désillusion el regarde-moi déjà comme la mallresseda comle« ou, vive le ciel I si lu m'injuries de nouveau je souillerai moi-même celte terre do ton sang infâme.

DON FERNANDO. Et j'culends ccla I

LE COMTE. Ai-je mérité une si grande faveur de tes lèvres?

DON FERNANDO. Après de telles offenses j'ai horreur de la vie I Cruelle tue-moi donc, je t'offense à mon tour, j'attends la mort avec joie et je meurs en t'injurianl. Vile, infâme !

LE COMTE. Je ne puis endurer cela. Qu'il meure!

Le comte et ses gens tirent les épées.

TEODORA. Comte , arrêtez I Ce dessein n'est pas digne de votre grandeur ; tuer un homme à terre ce serait déshonorer votre épée , et pour augmenter son châtiment c'est moimême qui le tuerai. (A un valet.) Donne-moi celte épée.

DON FERNANDO. Ahl ennemie! ciel saint! pour qui gardezvous votre tonnerre?

Teodora saisissant l'épée d'un valet, marche vers don Fernando et lui présente l'épée.

TEODORA, Mon bien I prends-la, et pour que le comte ne me poursuive pas, défends le passage jusqu'à ce que la nuit m'ait cachée sous son noir manteau !

Elle fuit.

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