‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 80 sur 192 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

DON FERNAND, ENGIN AS, Les Mêmes.

DON FFRNAND, à Encinas.

Je veux lui parler face à face.

ENCINAS.

Approchez I

DONA FLOR, bas à Inès.

Inès^ aide-moi A distraire un peu mon amie, Pendant que moi, de ce côté....

DON FERNAND, s'adressant aux femmes voUces.

Si le ciel à votre beauté Égalait mon bien, sur ma vie, Charmantes dames, je serais Heureux en pareille occuren^e Et libéral à toute outrance.

ENCINAS.

Les heureux seraient leurs attraits.

DON F£RNAND.

Mais puisque vcusêtes si belles Que lien ne vaille auprès de vous De ces marchands approchons-nous.

Acceptez quelques bagatelles.

De n Fernand cause bas avec doha Flor voilée» ENCINAS.

Qu'est cela ? Jamais je ne vis

ACQUÉRIK DES AMIS 181

Mon maître, en pareilles largesses, Vous faites miracles, déesses, Et tout bas je vous applaudis.

De mon maître la destinée Est d'être avare de son bien ; U donne, mais n'acceptez rien.

INÈS, riant.

Le bouffon a l'âme bien née.

ENCINAS, saluant.

Encinas tout court est mon nom.

DOf^A ANA, à part, regardant FernancU

Ce beau cavalier, c'est le maître I Je saurai bien qui ce peut être.

En lui que de séduction I

Haut, à Encinas.

Mon ami, tu m'as divertie.

Je voudrais ailleurs te revoir.

Je suis triste, mais j'ai l'espoir D'être à la gaîté convertie.

ENCINAS.

J'entreprendrai la guérison

Si le cœur vous en dit, madame*

DOfifL ANA.

SoitI souvent j'ai du noir dans l'âme.

ENCINAS.

A part.

Écoutez. Bonne occasion

De servir ici mon cher maître.

INÈS, à part.

Tout se dispose pour le mieux !

DON FERNAND, qui a reconnu dona Flor.

Cher trésor, mon bien précieux I...

DO^k FLOR.

Mon Fernand, parle bas I Peul-èlre Cette Inès va nous écouter.

Et mon amie est bien légère.

DON FERNAND

J'avais tout deviné, ma obère.

Et ne sachant sur qui compter, Je feignis, abordant deux femmes.

D'ignorer qui je rencontrais.

DOKa FLOR.

Mon Femand, les amants discrets, Savent garder l'honneur des dames.

DON F£RNAND.

Mais pourquoi, connaissant mon cœur.

Me dis- tu de telles paroles?

D0!^A FLOR

Ce ne sont pas des mots frivoles.

Souviens-toi de notre douleur

Quand à Gordoue, un soir, mou frère

A ce rendez-vous nous surprit.

Il te fallut comme un proscrit

Aux fureurs des miens te soustraire.

Pour éviter d'autres malheurs

Tu t'enfuis, la nuit, de la ville,

Jurant de ne revoir Séville

Qu'après deux ans, malgré mes pleurs;

Car à Séville, par prudence.

Nous nous rendions, mon frère et moi,

La cour Thabitait, et le roi

T comptait faire résidence.

DON FERNAND

Et toi, ma Flor, tu sais aussi

Que je t'ai tenu ma promesse.

]>ONA FLOB.

Ce que tu fis dans ta sagesse Ne viens pas le défaire ici.

DON FElUf ANl».

Gomment 7...

DONA FLOR

En augmentant ma peine.

Je ne réclame presque rien Un seul service, mon cher bien l

DON FERNAND

JN*exige pas, belle inhumaine Que je renonce à mon amour.

Tu me trouverais inflexible, Mais demande-raoi l'impossible Je te le promets en retour.

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