‹ Théâtre d'AlarcónChapitre 88 sur 192 · SCÈNE IX LE MARQUIS, DON FERNAND · texte numérisé non relu

SCÈNE IX LE MARQUIS, DON FERNAND

LE MARQUIS, à lui-même.

fortune adverse I ô douleur l Je reste brisé sous Fétreinte.

Une nuit qui laissait prévoir

\9ll ACQUÉRIR DES AMIS

Les félicités d'an archange l Voir noyer ainsi dans la fange Les feux d'un amour plein d'espoir l Dissimulant ma jalousie Il convient de vérifler,

DON FERNAND, à parU

Épée et cœur, sans rien nier Parleront, dut-il me confondre I

LE MARQUIS

Jeune hidalgo.

DON FERNAND

Seigneur marquis.

LE MARQUIS, à fÊX%

Hélas! je nesaissi je visi

Haut à Fernand.

Sommes-nous seuls?

DON FERNAND

J'en puis répondre,

• LE MARQUIS

Mon frère est mort de votre main.

DON FERNAND

Ce fer vient de tuer un homme.

J*ignore comment il se nomme.

Mais le sort m'est trop inhumain S'il faut que ce soit votre frère.

LE MARQUIS

Ne vous excusez pas.

DON FERNAND

La peur M'a pas dicté ces mots, seigneur, Je ne veux à rien me soustraire.

J'ai dit la simple vérité.

A vous-même ici j'en appelle.

Je me mis sous votre tutelle Sachant le nom par vous porté.

LE M4RQUI8.

Si vous prenez ce mot excuse Pour un reproche, assurément Vous vous trompez. L'aveuglement»

Qui sur mon compte vous abuse Et vous fait croire que je veux D'un ennemi tirer vengeance Est pour mon honneur une offense.

Vous montrez, d'après vos aveux Un do'ùtp. qui doit peu me plaire.

De vous délivrer j'ai promis ; Quelque soit le forfait ccmmis Ce que j'ai dit je dois le faire.

DON FERNÂNO.

Seigneur, le sol que vous foulez Je le presserai de ma bouche.

LE MARQUIS

Levez- vous! Ce noble air me touche Cavalier. Mes vœux sont comblés. Point de remerciement, vous dis-je»

Ce que je fais en ce moment C'est pour acquitter mon serment; En payant personne n'oblige.

C'est pourquoi je vous avais dit Point d'excuse. Ce mot implique Pour celui qui d'honneur se pique Que sans juger ce cas maudit, Sans excuser la grave offense, 11 m'a suffi de m'engager

i06 ACQUÉRIR DES AMIS

Par avance à vous proléger Pour prendre ici votre dérense.

DON FERNAND

Rare exemple de loyauté I

Digne de votre sang illustre

De la cour Thonneur et le lustre...

LE MARQUIS

Laissons les fadeurs de côté.

Dites maintenant qui vous êtes Quel souffle alluma ces tempêtes, Et quel motif vous a porlé A défendre à mon pauvre frère L'approche de cette maison Qu'habite Flor.

DON FERNAND

Non, seigneur, non.

Quand je vous vois sombre et sévère Je tais un nom trop malheureux.

Vous avez ouï l'aventure H ne sera dit, je vous jure, Un mot de plus entre nous deux.

A paru

A Flor ainsi je tiens parole Et malgré mes soupçons jaloux Au secret promis entre nous Sans plus de regrets je m'immole,

LE MARQUIS

N'est-il pas juste...

DON FERNAND

Monseigneur, Vous êtes noble et je vous prie De mettre en sûreté ma vie

AGQUËRtK DES AMIS 197

Comme c'est promis sur Thoaneur.

Vous avez juré de le faire Et cela sans conditioD.

Me forcer à dire mon nom Serait au serment vous soustraire.

LE MARQUIS

Je demande et n'exige rien.

11 m'importe, en tout ce mystère, De savoir comme à vous de taire.

Pour finir, rompons Tenlretien, Et suivez-moi. Vous serez libre Sans plus rappeler ce serment Que je tiendrai fidèlement.

DON F£RNAND.

Je vous suis.

LE MARQUIS, à part.

Honneur ! que ta fibre Est sensible en un cœur bien nél Quand du soupçon et de la rage Le cœur brisé subit Toutrage A tes lois il est condamné.

Ils sortent.

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