ACTE TROISIÈME
GERMAIKE.
Eh bien, vous mourrez, mon ami.
PASCAL
Voilà tout?
GERMAINE
Ou VOUS épouserez madame Brissot.
PASCAL
Elle n'a pas engraissé.
GERMAINE
Réconciliez-vous avec Mauricette.
PASCAL
Mais quand j'étais l'ami de Mauricette, je passais toutes mes journées ici. Tenez, vous iavez eu tort de choisir un homme qui vous aimait pour vous venger de votre mari. Puisque votre faute ne devait pas avoir de lendemain, un indifférent aurait sufû.
GERMAINE
Vous étiez là.
Un silence.
PASCAL, presque gaiement.
Alors, jamais, plus jamais?
GERMAINE
Non.
PASCAL
Vous n'agissez pas bien.
Vous avez juré de m'égayer, vraiment.
PASCAL
Oui, là, je veux vous égayer. Pourtant si vous m'écoûtiez?
GERMAINE
Voyons...
PASCAL
Ne réfléchissez pas. Faites eomme l'autre jour, disputez-vous avant.
GERMAINE
Soyons sérieux.
PASCAL
Vous ne seriez pas plus coupable^ alles^
GERMAINE
Au contraire.
PASCAL
Certainement, au contraire. En vous donnant à un pauvre diable qui passait, vous avez contracté un engagement envers lui. Pourquoi ne pas- le . tenir ? On ne comble pas un malheureux de tous les biens pour Iç jeter ensuite sur le pavé.
GERMAINE
Quand on commence, il faut continuer.
La charité le commande et l'opinion le conseille.
GERMAINE
L'opinion !
PASCAL
La répétition de certaines fautes en diminue la <?ra-
vité.
GERMAINE
Il ya môme des crimes qui deviennent respectables à force de durer.
PASCAL
On pardonne une liaison à une femme comme il faut, on ne lui pardonne pas...