‹ Théâtre d'amourChapitre 142 sur 232 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

DOMINIQNK

Je suis chargée de te redemander ta main»

▲NTOINBTTB

Il est fou.

DOMINIQUE

Pour que j'aie consenti à plaider sa cause, il faut qu'il m'ait paru sincère, tu comprends.

Il a de Taplomb... Au fait, je ne suis pas si étonnée que ça, puisque sa maîtresse ne veut plus de lui.

DOMINIQUE

Raymond n*a jamais cessé de t'aimer.

ANTOINETTE

Je connais le refrain.

DOMINIQUE

Je te jure que je le pense.

ANTOINETTE

Quand on aime une femme, on ne vit pas pendant cinq ans avec une autre.

Un silence,

DOMINIQUE

Tu as un .enfant.

ANTOINETTE

Hélène n'a que six ans. Son avenir est encore loin.

[DOMINIQUE

Tu as cependant refusé de divorcer à cause d'elle.,*

j*ai été stupîdè. Ces ohoses-Ià liVnt plus d'importance aujourd'hui.

I DOMINIQUE • f M

Un peu, tout de même.

ANTOINETTE: ,

Est-ce que tu crois que les folies de son père ne lui' feront pas autant de tort qu'un divorce ?

DOMir^lQUE , I ,

En commettait ces folies, Raymond n'en a pas, pesé , les conséquences, car \\ adore cette petite, tu ne peux le nier.

ANTOINETTE i ,

N'empêche qu'il est resté deux ans sans s'inquiéter d'elle.

DOMINIQUE

Mais, depuis trois ans, il ne perd aucune occasion de la voir. • , . ,'

ANTOINETTE

Ne parions plus de ça, veux- tu ?

DOMINIQUE

Alors^ sérieusement, il ne faut pas que je continue ?...

ANTOINETTE, gravement.

Quand Raymond est parti, j'ai eu dés jours tVès durs. A présent, je sais vivre seule. Je n'ai pas envie de renoncer^ ma. liberté. ,. , i '.

DOMINIQUE

Quel amour de l'indépendance! Je nv te reconnais pas.- ' '

AGTB PitEMIER 335

AA'^OINBTTB

les'erai donc toujours une petite fille pour toi?

DOMINIQUE

n me sem^e pourtant que tu as grandi tout à coup.

ANTOINETTE

Tu trouves?

DOMINIQUE

Il y a quelque cho^ de nouveau dans ta ^\e, u'estce pas? .

ANTOINETTE

Rien, je t'assure.

DOMINIQUE

Jadis, tu ne mentais pas avec moi.

ANTOINETTE

. On .change quelquefois plus en trois m^^ qu'ei> plu- . sieurs années. , .

DOMINIQUE

Si je ne te tenais pas pour la plus, raisonnable dçs femmes, je jurerais que tu aimes quelqu'un,.

Tiens, je. ne parviendrais pas à te le cacher; autant té l'avouer tout de suite.

DOMINIQUE, vivement.

Toi aussi? Ah! ma pauvre petite, je te plains. Tu ifo sais pas ce qui t'attend.

r.- -, : . , < ' ANTOINBTTl . ^ . '

Je n'ai pas peur. ii

DOMINIQUE

Tu peux te préparer à. souffrir, et, cette fois, d'une souffrance que tu ne soupçonnes pas.

ANTOINETTE

Il y a des amours heureuses.

DOMINIQUE

Je ne connais pas celui que tu aimes. C'est probablement ce qu'on appelle un galant homme. Mais, si loyal, si délicat qu'il puisse être, il doit ressembler aux autres. Le plus chevaleresque est encore une canaille,

ANTOINETTE

Voilà des paroles bien exagérées.

DOMINIQUE

Tu as raison, ma sortie est ridicule. Je dis des choses amères et banales, comme les vieilles gens qui ont de l'expérience . Entre nous, j'ai vu pas mal de désastres autour de moi.

Les chagrins des autres ne donnent pas toujours autant d'anîertume.

DOMINIQUE, brusquement

Eh! mon Dieu, j'ai peut-être eu un amant autrefoist . et j'ai peut-être été trompée.

ANTOINETTE

Toi?

DOMINIQUE

Oui, moi. n y a longtemps; sache-le, si cela peut te servir.

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