ACTE DEUXIÈME
choses, aurait bien dû vous rapporter de quelle façon je les avais dites...
FRANÇOIS
NoHS étions troublés tous les deux. Elle se sera mal expliquée, ou je Taurai mal comprise.
DOMINIQUE, vivement C'est fâcheux. Mais vous pouvez vous rassurer Tun et Tautre, je n'ai pas Tintention d^e vous séparer.
FRANÇOIS, prêt à sortir.
Je VOUS demande pardon.
DOMINIQUE, avec émoUon.
Si je revois madame Bellangé, quelle que soit Finquiétude de ma conscience, je vous promets de réparer le tort que je vous ai causé involontairement...
FRANÇOIS
J*en suis bien sûr.
DOMINIQUE
J'espère que vous ne me ferez pas trop mentir et que je n'aurai pas contribué au malheur d'une amie.
FRANÇOIS, avec génc.
Vous êtes la seule à. laquelle je ne peux pas expliquer mes sentiments pour une autre; cependant voua devez bien le deviner, s'il ne s'agissait que d'une simple fantaisie, je n'aurais jamais eu l'audace de monter chez vous, après tant d*années d'ingratitude.
DOMINIQUE
Dans ce cas.
FRANÇOIS, avec tristesse, s'animant peu a pca. Mon Dieu^ je ne veux pas dire que les choses dure*
ront toujours. Personne n'est sûr de soi. Quel est Thomme qui ne change pas ?
DOMINIQUE
Vous, du moins.
FRANÇOIS
La nature humaine est si faihle, si médiocre.
DOMINIQUE
C'est le mot...
FRANÇOIS
Chaque heure nouvelle est pleine d'emhôches et de surprises... On adore une maîtresse, de bonne foi on lui donne sa vie et on lui demande la sienne en échange... et puis, il ne faut qu un hasard, une émotion inattendue, une démarche quelconque; et la femme choisie entre toutes devient subitement un embarras pour le cœur et la conscience...
DOMINIQUE
Taisez-vous.
FRANÇOIS
On s'aperçoit avec épouvante qu'elle n'est déjà plus qu'une étrangère importune, et même on se découvre une incroyable dureté, en songeant à son prochain désespoir.
DOMINIQUE
Elle aussi !
FRANÇOIS
Je dépasse ma pensée. Tenez, renvoyei-moî, madame, car je me sens troublé par toutes sortes de regrets, et, malgré moi, j'oublie en vous voyant pour qui je suis venu...
Vous êtes fou.