‹ Théâtre d'amourChapitre 183 sur 232 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

tout à Theure, quand j'inventais cent prétejttes, pour ne pas sortir... Je ne vis plus depuis que ces volets sont ouverts. Je vais et viens sans cesse de la maison à la grille. J'ai Tair d'attendre un fiancé. Qu'il» vienne, qu'il se hâte! puisqu'il doit venir!... Je ne pourrai pas le voir sans l'adorer... Il fera de moi ce qu'il voudrai... C'est l'amant de ma vie. Je lui appartiens, je suis perdue!

MAURIGB

Eh I bien, je ne vous laisserai pas vous perdre, moi, je vous défendrai, si vous ne vous défendez pa9.

DOMINIQUB

Je suis perdue.

MAURIC»

Parce que vous le voulez bien. Commencez par n'avoir pas cette complaisance envers vous-même, et vous serez moins près de commettre une folie — sans compter que cette folie est une mauvaise action.

DOMINIQUE

Mes scrupules sont morts.

MAURIGB

Vous avez beau constater votre indélicatesse, vou^ n'en diminuez pas l'importance, vous savez. Triste métamorphose que la vôtre ! Vous auriez mieux fait de rester ce que vous étiez.

pouançm fe n'ai pm en le choix, mon ami.

KAURICS

Gomment! Madame Bellangé habite chez vous, elle est votre protégée, elle vous a confié son secret et vous

méditez de Ini prendre son amant! Passe encore si cet homme vous aimait, mais vous n'avez même pas Texcuse d'être souhaitée par lui.

DOMINIQUl

Taisez-vous.

MAURlCaS

Vous venez de me le dire.

DOMINIQUE

Je Tai dit, mais je me trompe peut-être!

MAURICB

Il vous apportera le désespoir, voilà tout.

DOMINIQUE

Si je souffre auprès de lui, je ne serai pas malheureuse.

MAURICE, arec douleur.

Mon Dieu, mon Dieu, qu'est-ce que je pourrais bien inventer pour vous convaincre? Je le voi^, mes conseils ne comptent pas, aucun argument ne vous émeut. Vous n'entendez même pas mes paroles. Ah ! si seulement je ne vous aimais pas! Je trouverais les mots qu'il faut, vous me croiriez sans peine. Mais je vous aime, je vous aime, et la douleur que j'éprouve à vous écouter embarrasse mon intelligence! Pourquoi m'avez-\ous

choisi pour m'infliger ces choses-là?

U fond ea Isiines

DOMINIQUE

Vous pleurez^ Maurice? Ah! comme je suis coupable envers vous!

MAURICE

Je vous demande pardon de cette minute de faiblesse et d'égoïsme.

Page 1