ACTE TROISIÈME
tout à Theure, quand j'inventais cent prétejttes, pour ne pas sortir... Je ne vis plus depuis que ces volets sont ouverts. Je vais et viens sans cesse de la maison à la grille. J'ai Tair d'attendre un fiancé. Qu'il» vienne, qu'il se hâte! puisqu'il doit venir!... Je ne pourrai pas le voir sans l'adorer... Il fera de moi ce qu'il voudrai... C'est l'amant de ma vie. Je lui appartiens, je suis perdue!
MAURIGB
Eh I bien, je ne vous laisserai pas vous perdre, moi, je vous défendrai, si vous ne vous défendez pa9.
DOMINIQUB
Je suis perdue.
MAURIC»
Parce que vous le voulez bien. Commencez par n'avoir pas cette complaisance envers vous-même, et vous serez moins près de commettre une folie — sans compter que cette folie est une mauvaise action.
DOMINIQUE
Mes scrupules sont morts.
MAURIGB
Vous avez beau constater votre indélicatesse, vou^ n'en diminuez pas l'importance, vous savez. Triste métamorphose que la vôtre ! Vous auriez mieux fait de rester ce que vous étiez.
pouançm fe n'ai pm en le choix, mon ami.
KAURICS
Gomment! Madame Bellangé habite chez vous, elle est votre protégée, elle vous a confié son secret et vous
méditez de Ini prendre son amant! Passe encore si cet homme vous aimait, mais vous n'avez même pas Texcuse d'être souhaitée par lui.
DOMINIQUl
Taisez-vous.
MAURlCaS
Vous venez de me le dire.
DOMINIQUE
Je Tai dit, mais je me trompe peut-être!
MAURICB
Il vous apportera le désespoir, voilà tout.
DOMINIQUE
Si je souffre auprès de lui, je ne serai pas malheureuse.
MAURICE, arec douleur.
Mon Dieu, mon Dieu, qu'est-ce que je pourrais bien inventer pour vous convaincre? Je le voi^, mes conseils ne comptent pas, aucun argument ne vous émeut. Vous n'entendez même pas mes paroles. Ah ! si seulement je ne vous aimais pas! Je trouverais les mots qu'il faut, vous me croiriez sans peine. Mais je vous aime, je vous aime, et la douleur que j'éprouve à vous écouter embarrasse mon intelligence! Pourquoi m'avez-\ous
choisi pour m'infliger ces choses-là?
U fond ea Isiines
DOMINIQUE
Vous pleurez^ Maurice? Ah! comme je suis coupable envers vous!
MAURICE
Je vous demande pardon de cette minute de faiblesse et d'égoïsme.